
Des centaines d'emplois devront être supprimés, mais aucun des 600 salariés concernés ne sera mis à la rue.
C'est ce qui a été réaffirmé par toutes les parties lors de la quatrième réunion tripartite aviation. A cette occasion, le directeur général de Luxair, Gilles Feith, était l'invité du journal de RTL Télé lundi soir.
La pandémie de coronavirus a durement frappé le secteur de l'aviation. Partout dans le monde, des compagnies aériennes doivent se restructurer quand elles n'ont pas déjà baissé le rideau. A l'aéroport du Findel, l'activité est très réduite en ce moment, mais Luxair ne veut pas abandonner, a assuré son directeur général, Gilles Feith.
''Luxair a veillé dès le départ à ne pas se mettre la tête dans le sable. Nous donnons au Luxembourg la connectivité dont il a besoin. Nous voyons aussi que malgré les quarantaines, de nombreuses personnes sont encore prêtes à voyager. Nous voulons leur conserver cette possibilité. Même si cela n'en vaut pas nécessairement la peine économiquement. Je suis pourtant confiant que cela va changer. Les clients réservent très tardivement. Cela va donc plus ou moins s'ouvrir plus tardivement."
En ce qui concerne les emplois supprimés, environ la moitié des 600 salariés concernés partiront en préretraite dans les trois prochaines années. Les autres recevront une nouvelle affectation soit en interne, soit en externe. Ces différentes personnes savent-elles déjà ce qui risque de leur arriver?
''Les personnes ne le savent pas encore. Nous devons voir cela tout à fait individuellement. Nous n'avons pas pratiqué cet exercice du haut vers le bas. Nous n'avons pas dit que nous avions besoin de tant et tant de gens en moins. Nous avons regardé où nous pouvions trouver de manière efficiente. Nous avons alors commencé avec les préretraites. Les personnes ont été interrogées [pour savoir] si elles étaient d'accord. Nous avons ensuite regardé quelles personnes pouvaient combler ces trous. Plus de la moitié des préretraites devront être remplacées.''
Le personnel, qui collabore par exemple actuellement à la cellule de traçage dans le cadre de la pandémie de coronavirus, serait ensuite - si la conjoncture s'améliore - utilisé chez Luxair. Existe-t-il une garantie de cela? Gilles Feith répond par l'affirmative.
La situation financière de la compagnie s'est dégradée, déplore le directeur général. L'Etat, actionnaire principal, apporte son soutien avec 50 millions d'euros. Mais cette année, Luxair va perdre 100 millions d'euros. Malgré tout, il faudra continuer à voler. Le business plan prévu pour durer jusqu'en 2024 est très ambitieux. 82 destinations seront à nouveau desservies, notamment de nombreuses nouvelles destinations moins connues, comme Thessalonique ou La Rochelle. Il s'agit d'une stratégie, selon Gilles Feith:
''Nous devons avoir une offre diversifiée. Nous devons voir où la concurrence n'est pas trop forte. C'est très souvent dans des niches. Nous voyons que c'est cela que les gens veulent.''
Les comptes de Luxair sont donc loin d'être dans le vert. La compagnie doit malgré tout investir. Investir beaucoup, car les retards se sont accumulés à ce niveau, d'après Gilles Feith:
''C'est dans les infrastructure que nous devons moderniser. Mais évidemment aussi dans les avions. Nous devrons en acheter de nouveaux en 2024 et 2025. D'ici-là, nos 737-700 auront atteint un certain âge. Nous devrons pouvoir réussir cela par nos propres moyens, en les finançant par l'intermédiaire d'une banque. Tout cela est dans le business plan.''
En espérant que le secteur de l'aviation se remette de la crise sanitaire.