
L’association des “Médecins Salariés Hospitaliers” est devenue l’association des “Médecins du Secteur Hospitalier”. Si l’association a conservé son sigle, “MSH”, elle a adopté, avec le soutien de plus de 75% de ses membres, une modification de ses statuts lors de son assemblée générale extraordinaire le 1er décembre. Elle porte depuis un nouveau nom et
désormais tous les médecins libéraux exerçant une activité en milieu hospitalier peuvent y adhérer.
Qu’ils soient libéraux ou salariés, les médecins hospitaliers rencontrent des problèmes et des défis similaires. S’unir pour défendre des intérêts communs a donc du sens. Jusqu’à récemment, ce n’était pas une préoccupation première, explique le Docteur Monique Reiff, présidente de la MSH, qui signifie donc désormais “Médecins du Secteur Hospitalier”. “Mais nous avons estimé que ce que l’AMMD réclamait, à savoir une médecine privée, nous faisant réellement craindre que cela devienne une médecine à deux vitesses, c’était aller trop loin et que cela nuisait à notre profession, compte tenu du code de déontologie que nous avons.”
La médecine ne doit pas être commercialisée. Faire de l’argent avec des personnes malades n’est pas défendable. La MSH s’oppose à une liberté totale de fixation des tarifs pour les médecins et plaide pour un conventionnement obligatoire. Elle ne se considère toutefois pas comme une riposte à l’AMMD, l’Association des Médecins et Médecins-Dentistes. “Au contraire, nous serions ravis de communiquer. Car je pense aussi que les soins primaires et extra-hospitaliers sont extrêmement importants dans le système de santé, et il y a certainement là des éléments à réformer. De nouvelles idées, comme des sociétés de médecins, bien sûr sans investisseurs privés comme nous le voyons, représentent certainement une opportunité dont il faut discuter.”
La MSH espère donc un dialogue et une collaboration avec l’AMMD. La MSH serait bien sûr intéressée à rejoindre l’AMMD et la CNS le 17 décembre pour négocier une nouvelle convention. Mais cela semble peu probable. L’AMMD compte en effet plus de 1.000 membres. La MSH en a certes gagné sept en une matinée, mais elle n’en compte actuellement qu’une centaine. “Je pense que la loi prévoit que la négociation se fasse avec l’association de médecins la plus représentative. Que ce soit en termes de nombre, d’ancienneté, de légitimité, de sorte que nous ne sommes effectivement pas positionnés pour y participer. Nous sommes une petite association, mais je dis que, quand le vent souffle dans la bonne direction, on peut avancer un peu, même avec une petite voile”, sourit le Docteur Reiff.
Reste à voir si un vent favorable se lèvera. Dans les prochains jours, l’association MSH entend en tout cas entreprendre des démarches pour examiner si elle peut éventuellement formuler des revendications et lesquelles.