Depuis mardi, les dates de la prochaine tripartite sont connues. Dès la semaine prochaine, le gouvernement aura d’abord des échanges bilatéraux avec les syndicats et avec le patronat le 6 mai. Une réunion élargie à trois est prévue le 12 mai, en présence d’experts du secteur de l’énergie et du Statec. Au cours de la première semaine de juin, les partenaires sociaux se retrouveront pour de nouvelles réunions de la tripartite, comme l’a indiqué le Premier ministre mardi à la Chambre, probablement les 2 et 3 juin. Les députés de l’opposition souhaitaient également savoir pour lesquels des nombreux problèmes des solutions seraient recherchées lors de cette tripartite. Ils n’ont toutefois pas obtenu de réponse.
Comme les Verts avaient demandé cette heure d’actualité, la députée Sam Tanson a pu insister une troisième fois pour savoir si la tripartite porterait uniquement sur la hausse des prix de l’énergie ou aussi sur le logement, le chômage et la pauvreté de manière générale.
“Quelle est votre proposition ? De quoi souhaitez‑vous débattre lors de cette tripartite ?”
Le Premier ministre Luc Frieden lui a répondu :
“Le gouvernement souhaite d’abord discuter avec les partenaires sociaux. Et si l’on les respecte, et si l’on veut aborder ce débat de manière constructive, il n'est pas utile d’annoncer d’emblée ce que l’on veut précisément. Le cadre et la raison d’être de cette tripartite sont clairs : la guerre en Iran et ses conséquences.”
Des tentatives ont également été faites, dans les rangs de déi Lénk, des Pirates ainsi que du LSAP, pour faire sortir le Premier ministre de sa réserve. Sans succès. Le chef du gouvernement a essuyé de nombreuses critiques quant au timing et aux raisons qui l’ont poussé à annoncer cette tripartite. Notamment de la part de l'élu socialiste Georges Engel :
“Cette décision de convoquer la tripartite ne vient pas d’une conviction. Elle résulte de la pression : pression de l’opposition, des partenaires sociaux, et même de ses propres rangs ainsi que du conseil de gouvernement. Le Premier ministre a cédé, non pas parce qu’il le voulait, mais parce qu’il n’avait plus d’autre choix.”
Le LSAP voulait savoir si, pour Luc Frieden, il y a actuellement une crise ou non.
“La véritable crise risque encore d’arriver. C’est l’analyse générale des chefs d’État et de gouvernement en Europe. Pour l’instant, certains prix ont certes augmenté”, a déclaré Luc Frieden, mais de véritables pénuries de produits pétroliers ne pourraient survenir que si le détroit d’Ormuz restait fermé plus longtemps. Cela relève pour l’instant de l’incertitude. Mais il faut se préparer à tous les scénarios.
L’ADR est le seul parti à avoir un avis différent. Le président du groupe parlementaire, Fred Keup : “Nous le disons très clairement : nous n’avons pas besoin d’une tripartite maintenant.”
L’ADR propose d’ores et déjà de réduire de 10 centimes par litre les accises sur le carburant. Il faut également noter que le chef de fraction CSV, Laurent Zeimet, a pris la défense de son Premier ministre, tandis que la députée DP, Carole Hartmann, n’a pas souligné que les ministres de son parti ont persuadé le Premier ministre de convoquer cette tripartite.