
Tel était le constat du député ADR Fernand Kartheiser vendredi matin sur RTL, alors que le gouvernement luxembourgeois a récemment durci ses règles en ce qui concerne les "Dublinés", ces hommes voyageant seuls qui ont déjà déposé une demande de protection internationale dans un autre pays de l'UE. Ceux-ci ne sont désormais plus accueillis directement dans une structure, mais ils se retrouvent sur liste d'attente, et par conséquent souvent à la rue. Pour l'ADR, la situation actuelle au Grand-Duché montre que la politique migratoire du Luxembourg et de l'Union européenne a échoué. Fernand Kartheiser a déclaré que "son parti souligne depuis 2015 que les vagues migratoires massives portent atteinte au droit d'asile dans l'UE."
Pour commencer, il faut faire la différence entre droit d'asile - auquel l'ADR est favorable et qu'il veut préserver - et migration économique. "Pour que l'acceptation de l'asile subsiste au sein de la population et que les ressources nécessaires soient disponibles, une grande vague migratoire pour d'autres raisons - par exemple pour des raisons économiques - ne peut pas devenir prédominante au point de remettre en question l'instrument de l'asile", selon Fernand Kartheiser.
Il s'avère qu'un certain nombre de demandeurs d'asile qui arrivent actuellement au Luxembourg, viennent d'Italie. Dans ce pays, la conservatrice de droite Giorgia Meloni est à la tête du gouvernement et son parti fait partie du même groupe que l'ADR au Parlement européen. Fernand Kartheiser n'a pas voulu accabler l'Italie et les autres pays méditerranéens, car ils sont "submergés" par les réfugiés. Mais il a particulièrement insisté sur le fait que des réseaux criminels "font passer clandestinement" des gens d'Italie vers le Luxembourg. Le député ADR estime que le gouvernement s'est montré trop tolérant jusqu'à présent et espère que le prochain gouvernement CSV-DP poursuivra plus efficacement ces réseaux criminels.
Selon les organisations humanitaires, cependant, l'un des principaux problèmes réside dans le manque de structures pour accueillir les demandeurs d'asile et dans le manque de logements en général. De plus, seul un tiers des communes au Luxembourg ont répondu à l'appel du ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, de créer plus de places. Sur ce point, Fernand Kartheiser a été catégorique: l'autonomie des communes ne peut être remise en question et il appartient à chaque commune de décider quelle politique elle veut mener en ce domaine.
Le député ADR a encore ajouté qu'il y a également des critiques venues de gauche, de communistes et de socialistes à l'encontre de la politique migratoire, car à leurs yeux, on en vient à une concurrence entre les personnes socialement défavorisées en matière de ressources et de logements. N'est-ce pas précisément parce qu'il n'y a pas assez de logements qui sont construits? "Vous savez que nous avons de toute façon un gros problème de logement, qui est lié à la croissance," a répondu Fernand Kartheiser. Selon lui, ce n'est pas à cause de l'autonomie des communes, mais c'est dû au fait que l'Europe est "incapable de vivre et d'imposer la primauté de son droit également dans la politique migratoire".