
En déplacement à Paris au siège de l'OCDE la semaine passée, Pierre Gramegna, ministre des Finances, avait confié au micro de RTL que "dans les semaines qui viennent le Luxembourg retrouvera son PIB d'avant la crise".
Le Statec estime que l'activité économique est de retour mais reste toutefois très prudent dans ses analyses. L'économie est toujours confrontée à de grandes incertitudes, selon le directeur du Statec, Serge Allegrezza. Il est dès lors encore trop tôt pour parler d'un retour à la normalité.
Comme il n’est pas évident de prévoir le niveau de croissance qu’atteindra l’économie, le Statec travaille à nouveau avec trois scénarios pour ses prévisions dans cette note de conjoncture : un pessimiste, un optimiste et un à mi-chemin entre les deux précités. Selon ce scénario probable, le Statec table sur une croissance de l'économie luxembourgeoise de 6% cette année.
L’inflation est en hausse et selon les statistiques, elle a retrouvé un taux normal à 2% ces derniers mois. Une augmentation qui tient surtout à la forte hausse des prix pétroliers.
Il y a quelques jours, le Statec indiquait déjà que l'inflation serait plus soutenue que prévue et que "la prochaine tranche indiciaire tomberait vers la fin de 2021".
D’après le Statec, les prix des logements pourraient connaître une croissance moins forte au cours des deux prochaines années. Selon le directeur de l’institut, au niveau de l’augmentation extrêmement forte de ces deux dernières années, on pourrait parler de bulle.
Malgré la crise, le marché du travail est resté dynamique au Luxembourg. Le Statec explique ce phénomène principalement par les mesures prises par le gouvernement pour maintenir les gens dans l’emploi, et avant tout le chômage partiel. Le taux de chômage se stabilise à un peu plus de 6%, selon les chiffres du Statec.
Serge Allegrezza s'est également adressé à ceux qui remettent en question l'existence ou la gravité du Covid-19. Il y a eu très nettement plus de morts l'an dernier que les dix années précédentes au Grand-Duché. "Il y a une surmortalité", a affirmé le directeur du Statec.
Le ministre de l’Économie, Franz Fayot, commente les analyses du Statec et explique pourquoi le Luxembourg a été moins impacté par la crise COVID-19 que ce qui était redouté: "Cela tient à la fois à la solidité des fondamentaux de l’économie luxembourgeoise d’avant la crise, et à la panoplie des instruments de soutien mise en œuvre pour soutenir les entreprises et leurs salariés pendant la pandémie, en particulier grâce au chômage partiel".
Il défend les mesures prises pour préserver le tissu économique pendant la crise "notre priorité absolue" et rappelle que le programme 'Neistart' "accompagne d’ores et déjà la relance post-COVID-19 en subventionnant par des aides à l’investissement extraordinaires l’innovation sous forme de nouveaux processus de production, de digitalisation, de dépassement de normes environnementales, d’efforts réalisés en matière d’économie circulaire".