
La Chambre a ratifié en février un traité entre le Luxembourg et le Danemark, qui établit que les deux pays coopèrent dans le transfert statistique d'énergie issue de sources renouvelables.
Concrètement, cela signifie que le Luxembourg transférera entre 33,12 et 66,24 millions d'euros par an au Danemark pour la période 2021-2025. Cet argent sera ensuite investi au Danemark dans le développement de projets dans le domaine des énergies renouvelables.
En contrepartie, le Luxembourg pourra intégrer une partie de l'énergie renouvelable produite au Danemark dans ses propres objectifs nationaux de développement des énergies renouvelables. A ce propos, le ministère de l'Energie avait indiqué que le traité permettrait au Luxembourg de soutenir le développement des énergies renouvelables en mer du Nord et ainsi d'atteindre les objectifs de développement des énergies renouvelables, auxquels sont astreints les Etats membres au niveau de l'Union européenne.
Une partie de l'argent luxembourgeois devrait être consacré à la construction des îlots énergétiques au large des côtes danoises. Avec l'aide de ceux-ci, l'électricité de plusieurs parcs éoliens offshore devrait être regroupée et dirigée directement vers différents pays situés au bord de la mer du Nord. Mais ce projet d'îlots énergétiques, va être retardé. Cela ne remettrait cependant pas en cause l'accord entre le Danemark et le Luxembourg, a indiqué le ministère de l'Energie à RTL.
Dans sa réponse, le ministère se réfère à un document officiel du ministère danois de l'Energie. Il est indiqué dans celui-ci que le projet d'îlots tel qu'il est envisagé actuellement, ne serait pas profitable. C'est pourquoi on aimerait analyser comment l'idée pourrait être mise en œuvre de manière plus favorable. L'appel d'offres public pour le projet serait donc retardé de plusieurs mois. L'analyse devrait être terminée d'ici la fin de l'année au plus tard.
Le Danemark souhaiterait cependant maintenir le projet d'îlots énergétiques et l'expansion massive des éoliennes en mer du Nord. Cela aurait été confirmé au ministre luxembourgeois de l'Energie, Claude Turmes, par son homologue danois jeudi lors d'un entretien.
Le communiqué danois indique encore qu'un retard de quelques mois dans la mise en œuvre du projet ne changerait rien au fait que le Danemark disposera de grandes quantités d'électricité renouvelable dans les années à venir. Pour le Luxembourg, cela signifierait que le transfert statistique d'énergies renouvelables, tel qu'il est stipulé dans l'accord avec le Danemark, serait garanti, selon le ministère de l'Energie.
À cet propos, le ministère de l'Énergie renvoie également au fait que dans l'accord avec le Danemark, il est stipulé que l'argent luxembourgeois qui n'ira pas au projet d'îlots énergétiques, sera investi dans le développement d'autres projets dans le domaine des énergies renouvelables.
Le ministère ajoute enfin qu'il est important qu'en matière de développement d'énergies renouvelables, le Luxembourg participe à de grands projets européens. C'est dans ce contexte qu'une déclaration d'intention a été signée avec le Portugal portant sur la production d'hydrogène vert. En plus, le Luxembourg soutiendrait la construction d'un grand parc éolien au large des côtes estoniennes. Dans le contexte, le Grand-Duché soutiendrait également l'Allemagne et l'Estonie dans la construction d'une conduite offshore, avec laquelle l'électricité du parc éolien estonien pourrait être injectée sur le marché de l'électricité germano-luxembourgeois.