La pandémie évolue au Luxembourg La vaccination doit "enfin être proposée" aux jeunes et aux actifs

Maurice Fick
La pandémie a changé de profil et touche de plus en plus de jeunes. À condition que les livraisons de vaccins suivent, "nous devons maintenant ouvrir la vaccination aux groupes qui se mélangent davantage, qui vont à l'école et se rendent au travail", estime la présidente de la CNE.
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Après les soignants et les résidents des maisons de retraite, les plus vulnérables et les plus de 75 ans, c'est au tour des plus de 70 ans de se faire vacciner en ce moment au Luxembourg. Fin 2020, au moment de la mise en place de la stratégie de vaccination nationale, la priorité a été donnée aux plus âgés car plus exposés aux risques et conséquences graves du coronavirus mais aussi parce les vaccins étaient comptés.

À ce moment-là, "on disait: oui les jeunes peuvent tomber malades mais les effets de la maladie et les risques de mourir sont également moindre. Mais ces dernières semaines, la situation s'est complètement retournée du fait que le virus s'attaque aussi à des gens plus jeunes, des adolescents et même des enfants", reconnaît Julie-Suzanne Bausch, présidente de la Commission nationale d'éthique (CNE), invitée au micro de RTL Radio ce mardi.

De sorte qu'un "pilotage à vue éthique" s'impose et que "nous devons maintenant, au vu des nouvelles conditions, ouvrir la vaccination aux groupes qui se mélangent davantage, qui vont à l'école, se rendent au travail", estime Julie-Suzanne Bausch. Elle est d'avis qu'il faut pour cela, tenir compte "non pas nécessairement du groupe mais de la fonction et de l'exposition au virus" des concernés. Toujours à la condition première que les livraisons de vaccins suivent.

Il faut enfin proposer les vaccins aux groupes les plus exposés, même s'ils sont plus jeunes, en collant au plus près du pouls de la livraison des vaccins

PLUS DE LIBERTÉS QUAND IL Y AURA DAVANTAGE DE VACCINS

Le "risque de fracture existe bien" entre les plus âgés qui sont vaccinés en priorité et pourront plus vite se déplacer librement et les autres qui doivent continuer à tenir le coup et à travailler et qui devront par la suite porter les conséquences financières de la crise. "C'est effectivement la double peine", pour les actifs reconnaît la présidente de la CNE.

Pour éviter la fracture "il faut enfin proposer les vaccins aux groupes les plus exposés, même s'ils sont plus jeunes, en collant au plus près du pouls de la livraison des vaccins".

La CNE est d'avis qu'il est encore trop tôt pour parler de davantage de droits pour les vaccinés. "Ce serait fondamentalement injuste", estime sa présidente, car tout le monde n'a pas encore eu la possibilité de se faire vacciner. Les "ouvertures doivent se faire parallèlement et proportionnellement à la disponibilité des vaccins sans quoi ce serait extrêmement injuste. Et malheureusement en Europe, nous sommes toujours en situation de pénurie" de vaccins, pose Julie-Suzanne Bausch.

L'obligation de se faire vacciner est en discussion partout en Europe, dans le domaine de la Santé, au sein des conseils d'admininistration des maisons de soins, des syndicats, etc. Une telle obligation vaccinale devrait, le cas échéant, "être discutée démocratiquement et ne peut pas se faire au niveau d'un hôpital ou d'une maison de soins. C'est très important que cela passe par une procédure démocratique", souligne la présidente de la CNE.

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