
Le 18 septembre, l'ADR avait déposé une plainte auprès de l'Autorité luxembourgeoise indépendante de l'audiovisuel (Alia) contre RTL Radio Lëtzebuerg, sur base d'un reportage diffusé le jour-même dans le journal du matin et sur le site internet rtl.lu.
L'article, en luxembourgeois, était intitulé "ADR-Deputéierte reagéiert: Kontakt mat rietsextremer Partei, déi soll opgeléist ginn?" ("Un député ADR réagit: contact avec un parti d'extrême droite, qui devrait être dissous?") Le reproche formulé dans la plainte était que le reportage contenait des éléments diffamatoires ou d'incitation à la haine.
Le reportage portait sur les liens entre l'ADR et un mouvement catholique fondamentaliste français, Civitas, également actif en tant que parti politique d'extrême droite sous le même nom. En août, le gouvernement français a lancé une procédure pour interdire Civitas. Le mouvement est accusé de vouloir faire la guerre à la République. Civitas estime notamment que les droits de l’homme seraient utilisés pour détruire la civilisation chrétienne.
La nouvelle de la procédure d'interdiction en France avait été le déclencheur de l'article contesté. Ce dernier mentionnait que le président de Civitas était présent à une conférence de l'ADR au début de l'année. C'est pourquoi la question s’était posée de savoir si l’ADR était également d’extrême droite.
L'Alia indique dans sa décision du 25 septembre que dans le reportage incriminé un historien, une politologue, l'évêque Leo Wagener et le député ADR Fernand Kartheiser ont eu la possibilité d'exprimer leur point de vue sur le sujet. L'Autorité souligne qu'"en prenant en compte le reportage dans son ensemble, (...) ni la façon dont les informations sont présentées ni les opinions recueillies auprès des différents intervenants ne sont de nature à caractériser l’incitation à la haine fondée sur les opinions politiques, une diffamation ou une injure." La plainte est donc jugée non-fondée et inadmissible. Elle est par conséquent classée.
Après la publication du reportage de RTL, la radio publique 100.7 avait fait état, le 29 septembre, dans un autre reportage d'une nouvelle vidéo captée le soir de la conférence, dans laquelle des théories du complot antisémites étaient propagées lors d'un discours. Sollicité par RTL pour une prise de position par rapport à ce reportage, l'ADR n'avait pas répondu.
Mercredi matin le mouvement Civitas avait été définitivement dissous en France.
À lire aussi, la version en langue française du reportage publiée sur RTL Infos: Un parti (très) à droite: L'ADR et Civitas, une relation pas très assumée
Vous pouvez retrouver l'intégralité de la décision de l'Alia ci-dessous: