LuxembourgLa pétition contre l'interdiction des véhicules thermiques débattue à la Chambre

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La pétition contre l’interdiction des véhicules à combustion à partir de 2035 d'Eric Derume ayant recueilli près de 8.000 signatures, elle a été débattue jeudi à la Chambre.
© RTL-Archiv (Domingos Oliveira)

Les voitures à moteur thermique telles que nous les connaissons aujourd’hui n’existeront plus en 2035. Les grands constructeurs automobiles ont déjà décidé d’abandonner le moteur thermique au cours des prochaines années. Une pétition d'Eric Derume demandait pourtant l'annulation de l'interdiction des véhicules thermiques. Avec près de 8.200 signatures, le sujet a été débattu à la Chambre jeudi.

Pour le pétitionnaire, il est évident que l'électromobilité ne survit que grâce aux subventions généreuses de l'État. L’électromobilité, telle que promue par le Green Deal européen, est une partie de la solution dans la lutte contre la crise climatique. La critique du pétitionnaire Eric Derume et de son soutien à la Chambre, Christian Schubert, porte cependant sur la manière dont la décision a été prise.

"Cette pétition a eu un grand succès. Non pas parce que tout le monde s’oppose aux avantages de l’électromobilité et des voitures entièrement électriques," explique Eric Derume. "Mais plutôt parce que les gens ont le sentiment que les faiblesses, pourtant réelles, des voitures électriques sont ignorées par les politiques et que les citoyens sont mis devant le fait accompli."

La liberté technologique

"Nous revendiquons la liberté technologique. La promotion d’alternatives relativement propres, telles que les véhicules hybrides et les e-carburants synthétiques, qui pourraient également atteindre les objectifs climatiques et surtout un consensus social", explique Christian Schubert.

"Il y a des gens qui sont pro-voitures à essence. Et il y a ceux qui sont pro-voitures entièrement électriques. Mais nous ne voulons pas cela.Il existe des compromis qui sont évalués depuis longtemps dans le monde, notamment aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon."

Dans ces pays, c'est surtout le principe de l'hybride qui est aujourd'hui promu. Mais depuis l'année dernière, la Chine est le premier exportateur mondial de voitures avec près de 5 millions de véhicules, dépassant ainsi pour la première fois le Japon. La raison: une production fortement subventionnée et une technologie de voiture électrique largement développée.

Situation réévaluée en 2026

Au Parlement européen, il est largement admis qu'on a trop longtemps dormi sur le développement futur de la production automobile européenne, a expliqué Maros Sefcovic, Vice-président de la Commission européenne responsable du Green Deal, dans une interview récente accordée à des médias tchèques. L'interdiction de nouveaux moteurs à combustion après 2035 serait nécessaire pour guider l'industrie locale.

"Nous ne devons pas rater le train qui nous mènera vers l’avenir électrique. Diverses hésitations de ces dernières années sont la raison pour laquelle nous sommes désormais à la traîne de pays comme la Chine en ce qui concerne la production de batteries et l'exportation de voitures électriques. Mais nous ferons de notre mieux pour les rattraper."

Une "mise en révision" est prévue pour 2026. On examinera alors où en sont les infrastructures à l'échelle de l'UE et si la date de 2035 pour l'interdiction de nouveaux moteurs à combustion est toujours réaliste. A la Chambre, la majorité des partis, à l'exception de l'ADR, ont soutenu la décision de Strasbourg lors du débat sur la pétition. C'est aussi le cas du député CSV et ex-député européen Christophe Hansen.

"Vous avez dit que la politique ne doit pas intervenir ici. C'est une décision du marché. Nous avons cependant des objectifs climatiques à atteindre et nous devons actionner différents leviers."

Pour que l'industrie "ne rate pas le train"

Lors du débat, la ministre des Transports, Yuriko Backes, a renvoyé aux 11 ans qu'il reste encore pour la transition vers l'interdiction. Et ensuite, les véhicules thermiques qui circuleront encore, ne disparaîtront pas simplement.

Meris Sehovic, député vert, parle d'un soutien à l'industrie: "C'est pourquoi cette législation peut également être considérée d’un point de vue de politique industrielle. C’est un signal adressé à l’industrie, un signal clair de la part de la politique et de la société, de la direction qu'elle doit prendre à l’avenir. Afin que nous puissions faire en sorte que l'industrie européenne ne rate pas le train.“

Après le débat, les députés se sont donné pour objectif de mieux informer sur le sujet dans les prochains mois. La décision prise dans le cadre du Green Deal de 2021 n'est pas "simplement" une interdiction, mais une évolution progressive dont chacun doit tenir compte.

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