Docteur Philippe TurkLa pénurie de médecins est un problème européen

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Le président de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois était l'invité de la rédaction de RTL vendredi matin.

Le virage ambulatoire, c'est lorsqu'une intervention à l'hôpital peut se passer en une journée et c'est désormais le cas pour plus de la moitié des admissions. "La question de la prise en charge extra-hospitalière est toute autre. Ces deux notions sont souvent confondues", a déclaré vendredi sur RTL le docteur Phillippe Turk. Le président de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) a également qualifié d'"hérésie" le fait de dire qu'au Luxembourg, des médecins seraient mis sous tutelle, juste parce que dans un cabinet privé, ils doivent faire un rapport à un hôpital. C'était la critique lancée il y a quelques jours par le docteur Gérard Schockmel dans l'émission "Face-à-Face". Même si le médecin dans le cabinet privé est lié à l'hôpital, il a une "liberté thérapeutique absolue". Au Luxembourg, le médecin a des honoraires nets et il ne doit donc pas reverser d'argent à l'hôpital. Il peut arriver le matin au bloc opératoire, où tout est prêt, par exemple pour pratiquer une opération, les cliniques sont en conséquence les prestataires de services des médecins, selon le président de la FHL.

La pénurie aussi un problème de vocation générationnel

"La pénurie de médecins est un problème européen." Il y a au Luxembourg "de facto unmanque de généralistes et de toute une série de spécialistes". Ce qui complique de plus en plus l'accès aux soins pour le patient. En outre, la population a augmenté de 25% au cours des 12 dernières années. Et elle continue de croître. C'est simplement "un problème de capacité". En plus, il faut aussi tenir compte du problème de vocation générationnel. Les jeunes souhaitent un équilibre différent, un meilleur équilibre travail-vie privée et "le métier s'est aussi fortement féminisé"L'approche est différente sur la manière dont ils sont prêts à travailler. Dès lors, pour tout médecin qui part en retraite, en faut-il au moins deux nouveaux? "Nous n'en sommes probablement pas loin," selon le docteur Philippe Turk.

Un hôpital peut-il refuser des soins à un patient?

"Par principe, un hôpital ne peut pas refuser de patient." "Il s'agirait plutôt d'un problème de communication dans un service, qui a soudain vu qu'il ne pouvait plus faire face", a dit le docteur Philippe Turk, à propos d'un incident récent, où des gens se sont vu refuser des soins dans un hôpital, avec l'argument que seuls les cas urgents étaient encore acceptés. Les hôpitaux ne peuvent pas refuser des soins à un patient "sans au moins lui fournir une alternative".

Des assises après les élections

En parcourant les programmes de tous les partis, on retrouve le souhait de nouveaux plans pour améliorer le système de santé. Cependant de nombreuses critiques ont été émises au préalable sur le fait qu'en dépit de nombreux plans, rien ne se passe concrètement sur le terrain. Manque-t-il une gouvernance? Le docteur Philippe Turk n'a pas souhaité répondre de manière directe à cette question. Il a toutefois déclaré que ces dernières années, la cohésion n'avait pas été suffisante. Il faut impliquer plus de ministères. Par ailleurs, "le secteur de la santé doit s'ouvrir à la recherche, aux start-up et aux aspects économiques du système."

Dès qu'une nouvelle coalition sera formée après les élections, il faudrait en tout cas immédiatement une sorte d'assises pour la santé et plus concrètement en matière de ressources humaines, pour couvrir les besoins des 15 à 20 prochaines années.

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