
Les discussions ont porté sur le lien entre la pauvreté et la maladie. Ces échanges ont notamment permis de conclure que certains acteurs, qui sont en contact avec des gens qui vivent dans la précarité, tels que médecins, psychologues ou assistants sociaux, devraient davantage collaborer. L'objectif devrait être d'accompagner les personnes dans la misère de façon globale et ainsi de pouvoir assurer un meilleur suivi.
On ne parle pas assez du lien entre la pauvreté et la maladie, dit Carole Reckinger de Caritas, et cela bien qu'il y ait de plus en plus de gens qui n'ont plus accès au système de santé.
C'est ce que confirme le docteur Emile Bock, qui travaille aux urgences des Hôpitaux Robert Schuman. Des sans-abris arrivent régulièrement aux urgences:
"Ces personnes ont souvent des problèmes de santé, fréquemment associés à des problèmes de dépendance, et puis nous voyons comment leur état se dégrade avec le temps. Nous voyons alors, un peu impuissants, ces personnes mourir peu à peu, car à leur sortie des urgences, il n'y a pas de structures d'accueil, aucun suivi ne peut être fait. Ce sont les principaux problèmes. Nous pensons en fait, que nous devrions avoir aux urgences une assistante sociale qui pourrait approcher ces gens de manière proactive pour résoudre ces problèmes."
Le diagnostic est similaire chez Médecins du Monde. Ils accueillent, entre autres, des personnes qui travaillent au noir ou qui sont sans domicile fixe et ne sont donc pas assurées. Le docteur Sylvie Martin, directrice de Médecins du Monde: "Nous avons aussi des gens, par exemple une personne qui travaille officiellement, mais elle n'a pas d'argent pour un logement et elle dort dans sa voiture. Elle n'a donc pas d'adresse et ne peut pas aller chez le médecin. Elle n'est donc pas inscrite dans une commune, alors qu'elle travaille quand même..."
L'ONG souhaite que la prise en charge ne soit pas dépendante uniquement de facteurs tels qu'un emploi ou une adresse. Elle plaide par conséquent pour l'introduction définitive d'une couverture universelle.
Stéphanie Gardini, responsable du Service social de Médecins du Monde: "Le problème avec la couverture universelle, c'est que pour le moment, il n'existe encore aucune base légale, c'est un projet pilote et nous souhaitons qu'il aille plus loin, nous avons eu beaucoup de succès, car les gens ont accès à la médecine préventive, ils peuvent alors consulter, par exemple, un ophtalmologue ou un dentiste."
Les conclusions des différentes discussions ont finalement fait l'objet d'une table ronde à laquelle assistaient plusieurs députés.