
Jeudi matin, Carole Reckinger était l'invitée de la rédaction de RTL. La porte-parole de Caritas se réjouit surtout que les problèmes soient désormais abordés de manière thématique et qu'ensuite seulement on détermine la répartition entre ministères. De plus, il est positif que dans un format à deux, il n'y ait pas autant de "fragmentations" entre différents partis et différents ministères.
Deux sujets majeurs doivent être inclus dans l'accord de coalition pour Caritas: d'une part, un volet financier, de l'autre, un volet structurel. Financièrement, "nous avons besoin d’un budget concret pour résoudre les problèmes", c’est-à-dire un budget pour agir contre la pauvreté. Sur ce point, on pourrait "s'inspirer de la coopération au développement", qui reçoit comme budget un certain pourcentage du produit intérieur brut. De plus, "il faudrait augmenter les aides", car elles ne sont absolument pas suffisantes et davantage de personnes devraient avoir le droit de demander ces aides. En outre, il faudrait "faciliter administrativement la demande d’aide". Actuellement, chaque aide doit être demandée individuellement et à chaque fois avec les mêmes documents. Tout cela est "plutôt bureaucratique", selon Carole Reckinger.
En ce qui concerne les aides structurelles, il convient de "sortir du raisonnement en silo des ministères". La pauvreté est "multifactorielle" et "ne concerne pas seulement un ministère de la Famille, mais aussi un ministère de la Santé et un ministère du Logement". Il faut donc "travailler tous ensemble et penser de manière transversale". "Le Luxembourg se situe au premier rang des pays de la zone euro où les personnes qui travaillent, ne s'en sortent pas", il s'agit des "travailleurs pauvres". De nombreuses mesures législatives pourraient être prises. Par exemple, augmenter le salaire minimum ou "améliorer les conditions pour ceux qui travaillent pour des entreprises-plateformes." Ces gens ont "un simulacre de statut d'indépendant et sont donc dans un vide législatif." Ils travaillent par exemple pour des services de livraison de repas, mais ne disposent pas des droits habituels des travailleurs. Ils vivent souvent dans la rue ou dorment dans leur voiture, parce qu'ils ne gagnent pas assez d'argent pour s'en sortir.
Caritas n'a aucune ligne rouge, mais il y a suffisamment de lignes rouges qui ont été franchies au cours des dernières années, par exemple, quand des familles avec enfants sont mises à la rue, selon Carole Reckinger.