Un secteur sous pressionLa hausse du diesel inquiète le secteur du transport au Luxembourg

Chris Meisch
traduit pour RTL Infos
La hausse rapide des prix du diesel suscite de vives inquiétudes dans le secteur du transport au Luxembourg, où les entreprises redoutent une nouvelle dégradation de la situation.

Les prix du pétrole augmentent depuis plusieurs mois, avec des répercussions directes sur le secteur du transport, qui consomme chaque année d’importantes quantités de diesel.

Selon une grande entreprise de transport luxembourgeoise, le niveau actuel des prix ne provoque pas de panique, mais suscite de l’inquiétude. Même si les prix du carburant n’ont pas encore atteint leur record historique, leur hausse rapide crée une forte incertitude dans le secteur.

Après s’être progressivement stabilisée à la suite des conséquences de la guerre en Ukraine, la situation du secteur s’était quelque peu apaisée. Mais les nouvelles tensions internationales ravivent aujourd’hui les inquiétudes et la crainte d’une aggravation de la crise, explique Ben Frin, directeur financier d’une grande entreprise de transport luxembourgeoise.

“Cela ne déclenche pas de panique chez nous, mais plutôt une certaine inquiétude”, explique-t-il, ajoutant que l’expérience de 2022 au moment du début de la guerre en Ukraine reste dans les esprits.

“À l’époque, la hausse des prix de l’énergie avait fortement augmenté nos coûts, et nous n’avions pas réussi à adapter nos tarifs assez vite”, précise-t-il, soulignant que les coûts avaient alors fini par dépasser les revenus, mettant le secteur en difficulté.

Le diesel joue un rôle central dans les coûts : environ 12 millions de litres sont consommés chaque année, soit près d’un quart des dépenses totales. Toute hausse des prix a donc un impact direct sur la rentabilité.

Le niveau actuel des prix du diesel représente ainsi un défi important. Même si l’entreprise répercute ces coûts sur ses clients, cela ne se fait pas immédiatement.

“Nous appliquons des surcharges diesel sur nos tarifs”, explique encore Ben Frin. “Quand les prix à la pompe augmentent, nous ajustons nos tarifs en conséquence”, précise-t-il, tout en soulignant qu’il existe un décalage. “Il faut compter une à trois semaines avant que cela se reflète dans nos prix, ce qui nous oblige à avancer les coûts et pèse sur notre trésorerie.”

À ces coûts supplémentaires s’ajoutent les “kilomètres à vide”, c’est-à-dire des trajets effectués sans être facturés aux clients. Ils représentent en moyenne 10 à 15 % des kilomètres parcourus et accentuent encore l’impact de la hausse du diesel.

Malgré cela, l’entreprise parvient pour l’instant à faire face à la situation, même si les inquiétudes persistent quant à l’évolution à long terme.

Les effets se font déjà sentir en Europe. En France, la situation se tend : environ 18 % des stations-service rencontrent actuellement des problèmes d’approvisionnement. Dans de nombreuses zones, au moins un type de carburant est indisponible, tandis que dans d’autres, des restrictions sont en place, limitant les automobilistes à 30 litres par véhicule.

Une telle situation, si elle venait à se produire au Luxembourg, serait particulièrement critique pour le secteur du transport.

Au Luxembourg, la situation reste pour l’instant stable. Contacté, le Groupement Énergies Mobilité Luxembourg indique ne disposer d’aucune information concrète sur d’éventuelles pénuries à l’échelle nationale.

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