Meurtre à Bonnevoie en 2022La défense plaide l'irresponsabilité pénale

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En décembre 2022, l'accusé a tué l'amie de son colocataire dans son appartement à Bonnevoie.

Il m’a semblé plutôt sympathique et extrêmement amical. Pas comme une personne dangereuse”. C’est avec ces mots que Maître Daniel Scheerer a décrit jeudi son client, l’homme qui, en décembre 2022, a attaqué dans son sommeil une jeune femme de 32 ans, l’a tuée et ensuite l’a démembrée. Plus tard, il a aussi grièvement blessé son colocataire avec un couteau.

Une schizophrénie paranoïaque avait été diagnostiquée à l’accusé depuis des années et, même pendant le procès, il a partagé ses délires. À savoir qu’il voit dans les gens, le diable et les démons, dont il doit sauver le monde. Les voix de Dieu, de Jésus ou de la Vierge Marie le lui disent.

L’avocat plaide l’irresponsabilité pénale

L’avocat de la défense a aligné sa plaidoirie sur le réquisitoire du parquet. Selon Maître Daniel Scheerer, son client n’est pas pénalement responsable. Il a par conséquent plaidé l’irresponsabilité. “Même s’il est acquitté, il devra aller dans une institution spécialisée”, a expliqué l’avocat après l’audience. Il a besoin s’un suivi rigoureux de son traitement et il est d’accord avec cela. L’avocat ne peut pas s’imaginer que son client ne fera pas l’objet d’un suivi pendant le reste de sa vie ou qu’il sera dans une structure protégée. Mais définitivement plus seul, en allant seulement voir un psychiatre toutes les quatre semaines.

Les représentants des parties civiles, à savoir les parents de la jeune femme et la seconde victime, ne sont pas du même avis. Il n’y a pas d’irresponsabilité pénale sur tous les points. Il y a en effet le fait que l’accusé a cessé de prendre ses médicaments des jours avant le drame. “Le monsieur n’avait certainement pas toute sa tête quand cela s’est produit. Mais il a commis une faute en ne prenant pas les médicaments dont il disait toujours qu’il devait les prendre, même s’il ne comprenait pas pourquoi”, selon Maître Fränk Rollinger, l’avocat des parents de la victime décédée. Il savait qu’il devait prendre les médicaments. Par conséquent, l’accusé doit prouver que le fait de ne pas les prendre n’a pas conduit à son acte, pour être déclaré irresponsable.

Je crois que le Monsieur n’a rien perdu en prison pas même maintenant”, a affirmé Maître Fränk Rollinger. Ce qui ne signifie toutefois pas qu’il ne peut pas écoper d’une peine de prison et être placé ensuite dans un établissement spécialisé.

La question de la responsabilité va au-delà du procès

Au-delà de la question de la responsabilité de l’accusé et au-delà de ce procès, une autre question se pose. Comment se peut-il qu’un homme qui était en traitement depuis des années, ait pu habiter dans une co-location? Quelques mois seulement avant les faits, il a dû quitter un logement encadré, car il allait mieux.

C’est une question de droit civil”, affirme Maître Daniel Scheerer. Mais le Centre Hospitalier Neuro-Psychiatrique (CHNP) doit aussi se poser des questions.

Le verdict sera prononcé le 27 mars.

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