
Le premier parti d'opposition demandait l'adaptation du système des frais de déplacement déductibles au regard de l'augmentation de la taxe carbone en 2022.
D'après le CSV, les résidents dans les zones rurales, où l'offre de transports publics est moindre, seraient trop défavorisés. Le coprésident du groupe parlementaire, Gilles Roth: "Pour eux, cela signifie que s'ils roulent entre 25.000 et 30.000 kilomètres avec environ huit litres d'essence, cela représente relativement beaucoup pour ceux qui habitent dans la banlieue aisée de la capitale, mais pour les gens de l'Oesling, du Nord ou de l'Est du pays, c'est la normalité. Sur un an, cela représente pour eux une charge supplémentaire de 1.500 euros par an."
Cela aurait été une erreur de retirer la taxe CO2 de l'index, cela affaiblirait le pouvoir d'achat, d'après le CSV. Pour les trois partis de la coalition gouvernementale, LSAP, DP et déi Gréng, le système actuel de compensation sociale serait plus sensé. François Benoy: "Avec le crédit d'impôt échelonné et l'augmentation de l'allocation de vie chère, les ménages aux revenus les plus faibles reçoivent même 60 euros de plus par an, ce qui signifie que nous avons au fond introduit un bonus climat pour les plus modestes."
Les représentants des partis de la majorité ont en outre souligné que la hausse de ces derniers mois n'était que pour une faible part imputable à la taxe carbone. Le député libéral André Bauler: "Cela est évidemment principalement dû au fait que l'an dernier, les prix ont atteint un niveau historiquement bas. Vous vous souvenez peut-être qu'en avril 2020, le prix du baril de pétrole était même tombé dans le négatif, du jamais vu..."
Les prix ne seraient pas à un niveau extraordinairement élevés par rapport à ces dix dernières années. Les hausses discutées à la Chambre n'auraient absolument rien à voir avec la taxe CO2, a également déclaré le député du parti pirate, Marc Goergen: "Ce sont des phénomènes boursiers et je pense qu'il n'y a aucun parti qui va dire maintenant, nous retirons la grille de tarification des marchés boursiers. Car cela aurait finalement été la solution, ici ce sont bien les bourses qui ont fait grimper les prix."
Pour les Pirates, les personnes privées sont cependant sollicitées financièrement de manière disproportionnée. C'est pourquoi ils réclament notamment un impôt kérosène. L'ADR de son côté avait déposé une mention demandant l'abrogation de la taxe CO2. Tous les autres partis ont voté contre. Quant à la mention du CSV en faveur de l'adaptation de la déductibilité fiscale des frais de déplacement en fonction de critères sociaux, professionnels et d'aménagement du territoire, elle a été rejetée par la majorité parlementaire.
Le 30 avril 2020, un litre d'essence (indice d'octane 95) coûtait 0,891 euro. Le prix d'un plein de 50 litres était alors de 44,55 euros.
Le 30 avril 2021, le prix au litre du même carburant était passé à 1,28 euro, ce qui portait le prix d'un plein à 64 euros, soit une augmentation de près de 20 euros.