
A propos du détournement de fonds chez Caritas, de nombreux professionnels du secteur financier invoquent des problèmes de gouvernance, mais aussi des failles dans le contrôle des banques. Ce soupçon est renforcé à la lecture d'un communiqué publié par la Commission de surveillance du secteur financier, la CSSF, en mai 2024.
Il y a plusieurs mois de cela, la CSSF a en effet déjà rappelé aux institutions financières que les organisations à but non-lucratif (OBNL) sont particulièrement exposées au risque de financement du terrorisme. Si aucune typologie, c'est-à-dire aucun modèle typique, de détournement de dons ou de fonds destinés à des projets à l'étranger pour alimenter le terrorisme, n'a été détectée au Luxembourg, le "sous-secteur" des ONG est "très vulnérable" en raison de la localisation de leurs activités.
A l'instar du groupe d'experts du Gafi, la CSSF déconseille des "mesures disproportionnées". Il s'agit de concilier la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent et l’accès des OBNL aux services financiers. Dans ce cadre, elle recommande aux institutions financières d'appliquer 19 indicateurs afin de détecter les risques et les abus. Cela inclut, par exemple, des difficultés pour retracer l'origine ou la destination des fonds ou la multiplication des transactions sans justification.
Ces recommandations montrent clairement pourquoi le secteur financier se pose tellement de questions aujourd'hui. Notamment comment a pu se produire le transfert de 61 millions d'euros à l'étranger en cinq mois et via plus d'une centaine de virements ou comment ont pu être accordées des lignes de crédit supplémentaires?
La Commission de surveillance du secteur financier s'est auto-saisie d'une analyse sur ce qui s'est passé à la BCEE et chez BGL BNP Paribas.
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