
La semaine dernière, un centre de réadaptation a été inauguré près de Kiev. Après avoir été bombardé, il a été reconstruit avec le soutien des Croix-Rouge luxembourgeoise, belge et ukrainienne.
L'inauguration a été accompagnée d'une petite fête au cours de laquelle la ministre ukrainienne compétente a cité le nombre de 300.000 personnes, qui ont eu besoin d'une rééducation depuis le début de la guerre.
Des sources américaines indiquent plus de 120.000 soldats et 17.500 civils blessés côté ukrainien. Des chiffres qui ont un impact direct sur les besoins en rééducation. Et cela, au moment, où la défense du pays est prioritaire dans le budget national ukrainien.
Oksana Jolnovytch, la ministre ukrainienne de la politique sociale:
"Avant la guerre, 2,7 millions d’Ukrainiens avaient un handicap. Aujourd'hui, près de deux ans plus tard, ils sont 3 millions. 300.000 nouveaux cas ont été enregistrés à ce jour."
Le centre de réhabilitation de Liutyzh est une oasis au milieu d’une forêt de pins. Il est situé non loin de l'aéroport international. Cela explique peut-être pourquoi le bâtiment principal a été frappé dès le début de l’invasion russe.
Après 10 mois de travaux intensifs de rénovation, des premiers patients ont pu être à nouveau accueillis fin juillet.
''Je me sens bien ici. J'attendais impatiemment l'ouverture. Des alternatives m'ont été proposées, mais je voulais venir ici. Les prestations y sont de grande qualité: massages, électrothérapie, bains de boue,'' raconte Svetlana, une victime civile de la guerre.
Les travaux de rénovation ont été cofinancés par les Croix-Rouge ukrainienne, belge et luxembourgeoise, pour un coût de 500 millions d'euros.
Myriam Jacoby de la Croix-Rouge luxembourgeoise, a une expérience de 11 ans en Ukraine:
''Ici par exemple, c'est un centre qui dispose de 165 places. Et si en face vous regardez les besoins, ils sont bien plus élevés. Cela signifie que nous avons besoin de beaucoup plus de tels centres. Et le gouvernement ukrainien est en train de réfléchir à l'ouverture de petits centres dans les hôpitaux. Afin de pouvoir s'en sortir entretemps, jusqu'à ce que des places se libèrent dans le centre de réhabilitation.''
Les installations sont modernes. Amina, physiothérapeute, explique comment Oleksander, 14 ans, réapprend à marcher. Un robot l'aide à renforcer ses muscles et ses articulations.
Pendant ce temps, Oksana fait travailler le haut de son corps. En 2014, lors de la première invasion du Donbass, elle a roulé avec sa voiture sur une mine près de Louhansk.
''J'étais déjà ici au centre en 2017-18. J'ai appris à tricoter, à travailler sur un ordinateur. Je me sens bien ici. J'arrive pratiquement à oublier mon handicap.''
Oksana raconte à quel point elle avait été choquée d'apprendre via les médias sociaux que le centre de réhabilitation avait été endommagé par l'artillerie russe.
''Un rapport est sorti, qui dit que 25% des centres de rééducation, des hôpitaux ont été directement touchés pendant ce conflit. Cela signifie qu'au fond ils (les Russes) ne respectent pas les règles de la guerre", selon Myriam Jacobi de la Croix-Rouge luxembourgeoise.
Rien n'effraye l'armée russe, pas même d'attaquer des hôpitaux, des centres de réadaptation ou de terroriser les populations civiles. Cela fait clairement partie de la manière dont les Russes mènent cette guerre.
Maxim Dotsenko, directeur général de la Croix-Rouge ukrainienne:
''Nous avons besoin de courage. Nous avons besoin de courage. Pour reconstruire l'Ukraine. Et évidemment nous avons besoin de tout ce que vous voyez ici. Tout ce qui se passe ici avec nos partenaires. Nous avons définitivement besoin de plus de soutien, car les besoins sont énormes. Nous avons besoin d'une planification à plus long terme.''
Nous serons encore à vos côtés dans 10 ans, a promis le Luxembourg.
Le reportage sur place de RTL en langue luxembourgeoise:
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