
Avec ses 3,5 millions d'habitants, Dnipro, en Ukraine, est la dernière grande ville avant le front. Elle est traversée par le fleuve Dniepr, qui n'est pas seulement le plus long fleuve d'Ukraine, mais qui joue aussi un rôle important dans cette guerre. Il pourrait en effet constituer une nouvelle frontière entre l'Ukraine et la Russie. L’eau de la rivière a déjà été utilisée comme arme lors de l’explosion du barrage de Kakhovka. Au sud-ouest de Dnipro se trouve Kryvy Rih, la ville natale du président Volodymyr Selenskyj. Ici, la Croix-Rouge locale distribue des colis d'aide aux habitants: une solidarité qui ne laisse pas la population indifférente. 18 mois de guerre laissent des traces. Sur le plan psychique, beaucoup de gens ne vont pas bien. Des bénévoles s'occupent d'enfants. Pour Nazar, c'est un jour très particulier, celui de son huitième anniversaire, qu'il fête sans ses parents. Ils sont morts lors de la bataille de Marioupol.
"La situation est compliquée. Le support psychologique est très important. De nombreuses familles sont en deuil. Beaucoup de soldats meurent au combat. Des parents sont portés disparus. La pression sur la population est énorme", selon Olena Melnyk de la Croix-Rouge ukrainienne.
L'un des dix hôpitaux situés sur le front auxquels le Luxembourg fournit une assistance, est celui d'Apostolove.
Le petit hôpital est situé à 35 kilomètres seulement des premiers territoires aux mains des Russes. Les premières positions de combat actif sont situées à 60 kilomètres, autour de la centrale nucléaire de Zaporizhzhya. Depuis le début de la guerre, les médecins et les infirmières ont été témoins de nombreuses souffrances. Il y a un an, lors de la bataille de Kherson, eux-mêmes sous les bombes, ils ont accueilli des blessés.
Le docteur Ali Msahir, responsable de la mission de la Croix-Rouge luxembourgeoise dans la région, explique:
"Cette clinique compte à elle seule 7.000 blessés. Je parle ici seulement des soldats, qui ont été pris en charge pendant une période de deux à trois semaines. Des milliers de réfugiés ont également cherché ici une protection. Ils se sont brièvement rétablis, avant de repartir pour des régions plus sûres."
La Croix-Rouge a accès aux régions du front où d'autres ONG ne sont pas présentes:
"Par exemple, à Nikopol, nous travaillons en collaboration avec le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères pour soutenir l'une des cliniques, qui joue un rôle très important. Cela coûte évidemment de l'argent. Des enfants y naissent dans une clinique sans fenêtres ni toit. Nous allons tenter d'encore apporter une aide concrète cette année", indique Gulnamo Khudobakhshova, responsable de la mission de la Croix-Rouge luxembourgeoise en Ukraine.
Des hôpitaux dans lesquels des vies humaines sont sauvées, mais pour de nombreuses familles, ces cliniques sont aussi la seule source d'eau qui subsiste, les canalisations d'eau potable étant détruites.
Le reportage sur place de RTL en luxembourgeois:
Reconstruction des cliniques détruites: La Croix-Rouge luxembourgeoise apporte son aide à l'Ukraine