Serge AllegrezzaLa crise est "aussi arrivée chez nous"

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Mardi matin, le directeur du Statec était l'invité de la rédaction de RTL. Il a été question de l'évolution de l'économie.
© Didier Weber / RTL

Il est temps de prendre les développements géopolitiques plus au sérieux, a déclaré mardi matin sur RTL le directeur du Statec. Serge Allegrezza a parlé de "temps incertains", au cours desquels beaucoup de choses pourraient encore se passer, particulièrement cet hiver. Ce que font la Russie et la Chine ou la façon dont les banques centrales déterminent leur politique de taux d'intérêt, tout cela aurait également un impact sur la performance économique du Luxembourg et sur les finances publiques.

C'est une question de scénario. Et le Statec, ainsi que son directeur Serge Allegrezza, s'attendent pour l'instant à une reprise plus faible cette année et l'an prochain que ce qui était espéré jusqu'ici. Un certain nombre d'indicateurs, "la hausse des faillites, du chômage et des dépôts, tout comme la baisse de la consommation privée, montreraient déjà quela crise est arrivée ici aussi."

Le Statec prévoit maintenant "une croissance autour de 2% pour cette année": un peu moins que les prévisions du Programme de stabilité et de croissance que la ministre des Finances, Yuriko Backes, a présentées la semaine dernière à la Chambre des députés. Cela tiendrait au fait que le monde et les chiffres évolueraient "sans cesse", parfois d'un jour à l'autre, selon Serge Allegrezza. En fonction du scénario, il ne serait effectivement pas à exclure que la dette publique dépasse les 30 % du PIB, c'est-à-dire la limite que le gouvernement actuel s'est fixé. Le directeur du Statec a toutefois affirmé que "toutes ces alternatives sont prévues dans le document" de la ministre des Finances.

La question épineuse de la réduction du temps de travail

En ces temps incertains, est-ce le bon moment pour parler d'une réduction du temps de travail? Serge Allegrezza n'a pas souhaité s'exprimer pour ou contre cette mesure, mais comme il n'y aurait pas suffisamment d'informations pour mener un débat nuancé, à son avis, "il faudrait peut-être faire une pause", collecter des données plus actuelles et calculer de nouvelles projections. Le Statec serait disponible pour le faire, selon son directeur. Il constaterait cependant déjà qu'historiquement, "le temps de travail aurait toujours diminué, parce que la productivité augmentait." D'un autre côté, au Luxembourg, le nombre d'heures travaillées par an serait déjà inférieur à ce qu'il est dans beaucoup d'autres pays européens.

Serge Allegrezza a également été invité à réagir aux critiques exprimées par les syndicats à l'égard du Statec. L'OGBL, le LCGB et la CGFP avaient boycotté un séminaire économique, parce que le poids des syndicats aurait été jugé faible et que l'Institut national de la statistique serait contrôlé politiquement. Nous sommes dans "l'ère du complotisme", selon le directeur du Statec. Serge Allegrezza a fait référence à l'exemple d'une publication sur les différences de salaires entre femmes et hommes, à propos de laquelle le Statec aurait été critiqué, alors que la publication contient des indicateurs tant positifs que négatifs.

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