Pour les personnes vaccinéesLa Commission nationale d'éthique salue le certificat européen de vaccination

RTL Infos
A ce jour, il n'est pas défendable que des personnes soient traitées différemment, selon qu'elles soient vaccinées contre le coronavirus ou pas.

Plus le temps passera et plus il y aura de vaccins disponibles, plus la question de différenciations éventuelles entre personnes vaccinées et personnes non-vaccinées, pourrait devenir inévitable, c'est à cette conclusion qu'aboutit la Commission nationale d'éthique dans son dernier avis, où elle salue explicitement la proposition de certificat européen de vaccination.

La CNE est aussi consciente que là où jusqu'à présent un test PCR négatif était nécessaire, cela risque d'être bientôt un certification de vaccination contre le coronavirus ou un "certificat vert".

Même si nul ne souhaite que des personnes soient traitées différemment en fonction qu'elles aient été vaccinées contre le coronavirus ou pas, on ne pourrait pas tout à fait l'éviter.

Cette question ne se pose pas encore à ce jour, considère la Commission nationale d'éthique. A un moment où le vaccin n'est disponible que pour une certaine partie de la population et qu'un grand nombre de personnes ne peuvent donc pas encore être vaccinées, malgré leur volonté de l'être. C'est pourquoi tout le monde devrait être traité sur un pied d'égalité en ce moment en matière de restrictions liées au Covid. A moyen terme, une fois que suffisamment de vaccins seront disponibles, la CNE plaide pour un certificat de vaccination standardisé, qui pourrait être utilisé au niveau européen et au niveau international. Un tel document, qui a été présenté mercredi par la Commission européenne, ne peut être présenté comme un "passeport pour les privilégiés". Le fait de recouvrer sa liberté, ne serait effectivement pas un privilège, mais un droit, affirme la Commission nationale d'éthique, tout comme l'accès au vaccin serait un droit, qui, pour cette raison, doit être rendu accessible à chacun le plus vite possible.

Selon l'avis de la CNE, à long terme, nous n'échapperons pas non plus à l'obligation d'appliquer les mesures sanitaires avec plus de nuances. Les personnes qui ont déjà été vaccinées et qui ont ainsi accompli un acte de solidarité pour la communauté ne devraient pas voir leurs libertés restreintes plus longtemps que nécessaire. La CNE ne voit par exemple pas comment il est encore interdit à des personnes vaccinées de se rencontrer en privé. On ne pourrait pas parler non plus de discrimination si des organisateurs privés d'événements ou de voyages demandent une vaccination contre le Covid ou un test.

L'Etat en revanche devrait traiter tout le monde sur le même pied aussi longtemps que le vaccin ne sera pas disponible pour chacun. La CNE est aussi favorable à une réflexion sur la vaccination obligatoire pour certains groupes sociaux-professionnels dans des situations spécifiques et en accord avec les principes éthiques. Par exemple pour le personnel de santé en charge de patients vulnérables. Le recours plus systématique à des tests de dépistage devrait aussi être obligatoire.

Dans son avis, la Commission nationale d'éthique affirme très clairement que le choix personnel de ne pas se faire vacciner contre le Covid est une chance perdue pour la collectivité. Ce message ne serait malheureusement quasiment pas communiqué ni par le gouvernement ni par les médias. Si la vaccination obligatoire n'est pas souhaitée politiquement, elle ne serait cependant pas un tabou éthique, selon la CNE. Chaque vaccination ne protège pas seulement celui qui la reçoit, mais contribue à l'immunité de masse, qui est la condition sine qua non pour le rétablissement des libertés fondamentales.

Back to Top
CIM LOGO