
Le 11 juin marquera le début des élections communales, mais 24 des 102 bourgmestres ne se présenteront plus. Dans cette série, nous vous présentons ces politiciens qui sont actuellement encore à la tête d'une commune à scrutin proportionnel, mais qui ne sont plus dans la course électorale. Ce premier épisode est consacré à Jean-Paul Jost. Même s'il n'a été "que" six ans bourgmestre de la commune de Schuttrange, il compte de nombreuses années d'expérience dans la politique locale.
En 1983, Jean-Paul Jost avait commencé à travailler en tant que secrétaire communal. D'abord à Schuttrange, puis à Mamer. En 2011, il est devenu échevin à Schuttrange dans une coalition entre le DP et la liste citoyenne "Schëtter Bierger". Puis, en 2017, il a repris le poste de bourgmestre, après que les citoyens de Schuttrange se soient accordés avec le LSAP et déi Gréng. Mais après un mandat, Jean-Paul Jost ne se présentera plus aux élections, selon lui, il faut savoir s'arrêter au bon moment.

"J'aurai 63 ans cette année, normalement lorsqu'on travaille, on prend sa retraite. Le poste de bourgmestre est un travail à temps plein, on est bourgmestre 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. On a aussi une responsabilité, à Schuttrange nous avons plus de 50 employés, sans l'école et la maison relais, un budget de 20 millions "ordinaires" et 15 millions "extraordinaires". Tout ça représente quand même beaucoup de travail."
Il explique ne plus se présenter, afin de laisser la place aux jeunes et ne veut pas juste aller aux élections afin de récolter des voix. Lorsque nous lui demandons quel a été son projet le plus important, Jean-Paul Jost mentionne le nouveau PAG, qui a été travaillé pendant 30 ans. Ils disposent désormais d'un outil de planification moderne, qui correspond au 21e siècle. Mais le plus gros défi était tout autre, nous confie-t-il.
"Le plus gros défi pour moi, c'était de développer une relation saine et agréable entre nous les politiciens, développer des projets ensemble, planifier ensemble afin qu'ils restent en place après cette législature. Durant ma carrière, j'ai participé à beaucoup de disputes et de bras de fer en politique. Je pense que nous avons réussi à bien collaborer ces six dernières années à Schuttrange."
Ce qu'il souhaite surtout pour l'avenir, c'est que Schuttrange demeure une commune aussi agréable qu'elle l'est déjà. Les gros projets concernent entre autres le réaménagement du centre de Schuttrange, l'agrandissement du campus scolaire à Munsbach et la construction d'un centre de recyclage. En ce qui concerne les élections, Jean-Paul Jost encourage les gens à s'engager au niveau communal. Pour lui, c'est une forme élémentaire de la participation citoyenne et il est vraiment possible de bouger les choses sur le terrain.
Une localité de la commune de Schuttrange est connue de tous à travers le pays, Schrassig; et ce, en raison de sa prison. C'est une infrastructure qui est nécessaire, et pourtant, très peu de responsables communaux se portent volontaires lorsqu'une place pour une nouvelle prison est cherchée. Jean-Paul Jost était déjà employé communal, lorsque la prison a ouvert ses portes en 1984. Même si aux débuts les gens se faisaient du souci, la commune n'a jamais eu de problèmes avec l'infrastructure, même avec les prisonniers qui se sont évadés, affirme Jean-Paul Jost. "Nous avons bien sûr l'avantage, que lorsqu'on s'évade de prison, on s'enfuit, on ne reste pas à Schuttrange", estime Jean-Paul Jost avec un sourire. Comme certains prisonniers restent longtemps à Schrassig, des mariages ont parfois lieu en prison, mariages pour lesquels la commune a à nouveau son rôle à jouer.