
Claude Turmes ne sera pas candidat aux élections européennes l'an prochain. Après sa défaite personnelle et celle de son parti aux législatives, le ministre encore en exercice, qui n'a donc pas été réélu, n'a pas souhaité dire jeudi sur RTL s'il poursuivra sa carrière politique. Il ne faut jamais prendre de décisions "sous le coup de l'émotion", selon Claude Turmes. Une fois le nouveau gouvernement assermenté, il fera une pause de trois mois et "laissera cela se tasser". La défaite électorale est aussi analysée au sein du parti.
Jeudi sur RTL, celui qui est toujours ministre de l'Energie et de l'Aménagement du territoire, a surtout été interrogé sur l'état de l'approvisionnement énergétique du Luxembourg. L’été dernier, l’Union européenne et donc le Grand-duché étaient plongés dans une crise énergétique. En juin de l'année dernière, Claude Turmes avait prévenu qu'"un hiver dur" pourrait suivre. Jeudi matin, il a déclaré que le Luxembourg était mieux préparé pour cet hiver. L'Union européenne est passée de 40 à 5% de gaz naturel russe. "Les réserves de gaz sont remplies à 98%" et la consommation a été réduite de 20%, alors que l'objectif était de 15%.
Cependant "tout n'est pas en ordre". "Cet hiver aussi, l'objectif de réduction de la consommation devra être atteint." Le ministère de l'Energie prépare la campagne hivernale. "L'année dernière, les particuliers ont économisé 10% d'énergie, l'industrie a aussi bien participé. Mais cela n'a pas si bien marché dans les immeubles de bureaux", c'est pourquoi on va tenter de réduire davantage la consommation à ce niveau cet hiver. "Des formations sont organisées pour ceux qui gèrent des immeubles de bureaux."
Lors de la dernière réunion tripartite en mars, le gouvernement actuel a décidé avec les partenaires sociaux de protéger les ménages face à l'explosion des prix de l'énergie. Claude Turmes a expliqué une fois de plus que le gouvernement voulait "protéger les particuliers de la volatilité des prix" et c'est pourquoi un plafonnement des prix de l'électricité et du gaz a été mis en place et la mesure a été prolongée jusqu'à fin 2024.
Pourquoi cette mesure est-elle nécessaire actuellement, alors que le prix du gaz est revenu à son niveau d’avant la crise? Claude Turmes a précisé que sur le marché, il faut souvent acheter de l'électricité avec deux ou trois ans d'avance. Au Luxembourg, les fournisseurs ont dû acheter de l'électricité à un moment où elle était chère. Le ministre de l'Energie estime que les prix du gaz et de l'électricité baisseront en 2025 et que le prochain gouvernement devra voir comment sortir de ces mesures sans que la population ne le ressente trop.
Claude Turmes a insisté pour tirer un bilan positif de la transition énergétique et remercier les milliers de personnes qui ont rendu cela possible, "en passant de 300 à 5.000 installations photovoltaïques et de 3% de voitures sans énergie fossile à 30%." Dans l’autre crise, qui se situe en arrière-plan des autres crises, la crise climatique, on a réussi à faire avancer le Luxembourg. Pour lui, il est important que le prochain gouvernement continue à la faire.