
À six mois de l'échéance cruciale pour la coalition gouvernementale tripartite (DP-LSAP-déi Gréng) qu'il dirige, l'actuel Premier ministre luxembourgeois ne répond pas directement à la question s'il sera ou non la future tête de liste du DP pour les élections législatives du 8 octobre. Mais il n'a pas laissé pas planer de doute sur ses intentions au micro de RTL ce vendredi soir.
"Ce n'est pas ma première priorité" et "c'est à mon parti d'en décider" répond avec un sourire Xavier Bettel. Avant de confier que "L'envie, l'énergie et la motivation sont encore là" pour se relancer une troisième fois dans la course et "je mentirais si je disais que j'ai la flemme", dit-il avant d'avoir un rire qui trahit bien son envie de déclarer ouvertement ses intentions. Alors il le dit autrement: "J'avoue que j'ai plaisir à travailler avec et pour les gens".
À l'attaque de Luc Frieden, tête de liste du CSV qui sera son concurrent le plus expérimenté et qui vient de déclarer que "cette coalition est en fin de vie", Xavier Bettel répond que "non, je ne vois pas où il y a une fin de vie". Il explique que "même si c'est les vacances, aucun dossier ne reste en suspens, on continue à travailler activement".
Il le dit: "nous travaillons ensemble" et précise que jamais "il n'a encore été réalisé autant de choses qui ne sont pas inscrites dans l'accord de coalition" avant de citer la crise Covid, la crise énergétique ou encore la crise liée à l'inflation galopante.
C'est bien "l'électeur qui décidera quel sera le rapport de force au soir du 8 octobre". Et puis le contenu du programme électoral doit coller pour former une future coalition. S'il "exclut de travailler avec les extrêmes que ce soit de gauche (déi Lénk) ou de droite (l'adr), parce que c'est incompatible pour moi", il n'exclut pas, en revanche, une entente avec le CSV, tout comme la continuation de l'actuelle coalition tripartite. Car "la chimie avec le LSAP et Les Verts fonctionne bien en ce moment".
"Je ne deviendrai pas Premier ministre juste pour le rester. Je ne me présenterai pas aux élections pour rester Premier ministre et foncer droit dans le mur. Je ne connais pas les programmes des uns, ni des autres", mais certaines positions sont d'ores et déjà des "no go", entendez impossible à tenir, à ses yeux.
Et au Premier ministre de citer l'introduction "mordicus" d'une semaine de 35 heures au Luxembourg, l'augmentation des taxes pour les entreprises ou encore "un impôt sur la succession qui est déjà soumise à des droits".
À la question de savoir si au bout de dix ans au pouvoir, il ne faudrait pas changer d'air, Xavier Bettel répond par "moi j'ai réussi à le faire", c'est-à-dire avoir les contacts et le réseau qui permettent au Luxembourg de tisser de bonnes relations avec ses pays voisins, dont il est tributaire.
Il cite l'exemple de son coup de fil à Macron au pic de la pandémie Covid-19 pour éviter que les frontières ne ferment et que les soignants frontaliers, indispensables dans les hôpitaux luxembourgeois, puissent continuer à travailler.
L'interview complète de Xavier Bettel ce vendredi soir sur RTL Télé (en luxembourgeois)