Café social "Courage" à BonnevoieIl vit dans la rue malgré son travail à temps plein

Anne Wolff
La pauvreté existe aussi au Luxembourg. Les prix élevés de l’immobilier résidentiel empêchent de nombreuses personnes d’avoir un toit.

Ces gens vivent dans la rue, ce qui peut s'avérer particulièrement dangereux par ces température négatives. Pour qu'ils puissent se réchauffer pendant la journée et manger quelque-chose, il existe le café "Courage" de Caritas à Bonnevoie. Il est ouvert sept jours sur sept et toute l'année. Une journaliste de RTL était présente à l'ouverture de l'établissement mercredi.  Le café à Bonnevoie ouvre ses portes à 9h00, mais dès 6h30 les premiers visiteurs attendent à l'extérieur. C'est toujours ainsi, explique Jérôme Lentz, responsable adjoint de la structure, particulièrement l'hiver. Il s'agit avant tout de prendre une douche et de pouvoir faire sa lessive. Il y a seulement quelques cabines de douche et le principe du "premier arrivé, premier servi", s'applique.

C'est important pour les clients, précise Jerôme Lentz. Pour ce dernier, il est important d’en finir avec le cliché du clochard sale à la longue barbe. "Il faut enfin donner une chance aux gens!"

Un travail à temps plein dans la restauration et malgré tout à la rue

Prendre une douche, c'est aussi ce que veut Jim*. Il vit depuis trois ans dans la rue et cela, bien qu'il travaille à temps plein dans la restauration. Il est arrivé à cette époque au Luxembourg à cause d'une relation amoureuse, raconte-t-il, mais ça n'a pas marché.

Il ne trouve aucun appartement, aucune chambre à Luxembourg-ville et pas question pour lui de s'aventurer plus loin. Il a un travail posté et à 1h00 du matin, il n'y a plus de train.

Là où il travaille, personne n'est au courant de sa situation et Jim veut aussi garder cela pour lui."Je ne veux pas que ça influence mon travail, je pense qu‘ils n‘ont pas besoin de savoir, parce que c‘est ma vie privée. Dès que je vais au travail, je suis propre et je fais ce que j‘ai à faire. Ce n‘est pas facile mais il faut faire avec. Il faut croire en soi-même, il faut croire que ça ira mieux.“

Jim n'est pas le seul dans ce cas. Le week-end, les machines à laver sont réservées pour les clients qui travaillent pendant la semaine. Le café est aussi fréquenté par des gens qui habitent dans un appartement ou un café et qui ne s'en sortent pas.

*Le prénom a été modifié, car "Jim" souhaite rester anonyme.

En 2022, 3.419 personnes ont fréquenté le café social

En 2022, 3.419 personnes ont eu recours à l'offre du café social. Environ 10% étaient des femmes. Plus de 23.000 sandwichs ont été distribués. Le pic de fréquentation est atteint pendant les mois d'hiver. L'Action hiver attire davantage de gens que d'habitude au Luxembourg, parce qu'ils veulent profiter de cette offre. Mais il y a aussi les habitués, qui en sont à la deuxième génération qui vient au café, raconte Jerôme Lentz en regardant un père et sa fille, qui sont à présent tous les deux à la rue.

Jim commence à avoir du mal à supporter de ne pas avoir de logement. "Il y a beaucoup de promesses, mais à la fin on est seul“. Il a perdu confiance en la politique. A midi, il doit prendre son prochain poste.

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