
Le 2 janvier 2019, le petit Calvin, âgé de deux ans seulement, est décédé. Son père, au volant d'une Citroën C4 bleue, avait foncé délibérément sur un groupe de cinq personnes qui se trouvait sur le trottoir dans la rue Grand-Duchesse Charlotte à Wiltz. Son ex-compagne, âgée alors de 42 ans, une amie de celle-ci, âgée de 24 ans, et son bébé de dix mois, avaient été légèrement blessés. Le nouveau compagnon de la mère du petit Calvin, âgé de 47 ans, avait été transporté à l'hôpital avec des blessures mortelles. Le procès du père a débuté lundi devant le tribunal d'arrondissement de Diekirch.
Depuis le drame, l'accusé est en détention préventive. Il est inculpé d'homicide volontaire et d'assassinat (meurtre avec préméditation), ainsi que de tentative de ces deux chefs d'inculpation. Lundi à l'audience, plusieurs experts ont été entendus, dont des psychologues et des médecins légistes. Le rapport technique d'accidentologie a également été présenté.
L'accusé a déclaré aux experts qu'il avait vu le groupe en passant en voiture. Il était très heureux d'avoir revu son ex-compagne et il avait alors fait demi-tour parce qu'il voulait lui parler. A ce moment-là, il était persuadé qu'elle voulait revenir auprès de lui, malgré sa nouvelle relation. Comment était survenu le drame? Il ne pouvait pas s'en rappeler. Mais immédiatement après l'accident, il s'était dirigé vers son fils pour lui prodiguer les premiers soins.
Il avait eu un blanc qu'il explique par une hypoglycémie due à son diabète de type 2. C'est pourquoi il se serait évanoui un instant. Les experts ont cependant exclu que cela ait été le cas, car l'homme ne serait pas alors revenu ainsi à lui immédiatement après l'accident pour réagir.
Dans son rapport technique, l'expert a retenu que le prévenu avait fauché le groupe à une vitesse comprise entre 40 et 60 km/h. Il n'y avait pas de traces de freinage ou d'accélération sur la chaussée. Cependant, selon l'expert, l'accusé a dû appuyer sur les freins après l'accident, car sa voiture s'est immobilisée après une bonne vingtaine de mètres.
La police avait supposé relativement rapidement après les faits qu'il s'agissait d'un acte passionnel. Une psychologue ne l'exclut pas non plus. Après leur séparation, l'accusé avait encore envoyé des messages à son ex-compagne et lui avait glissé une bague de fiançailles dans sa boîte aux lettres. Selon les experts, il avait des difficultés à faire face à la séparation et ne pouvait pas bien gérer le stress. Mais il n'avait toujours parlé que d'une souffrance physique comme cause de l'incident et il s'était rarement montré émotif.
Il en a été de même au cours de l'audience. Il a montré relativement peu d'émotions en écoutant les détails de l'accident.
Les prochaines audiences du procès auront lieu jeudi et vendredi matin.
Le reportage en langue luxembourgeoise: