
Mais une récente publication de la Chambre des salariés vient bousculer ces chiffres puisque la classe moyenne serait en réalité beaucoup plus petite. Le fait que cette partie de la société a bien diminué ces dernières 40 années n'est d'ailleurs pas un bon signe pour la cohésion sociale.
À la base de ces recherches, Improof, un groupe de réflexion au sein de la Chambre des salariés, a voulu connaître la définition exacte du terme "classe moyenne". D'un point de vue sociologique et philosophique, ce groupe de personnes est d'un côté l'un des fondements et un pilier de la société et de l'autre il est considéré comme instable et voué à disparaître.
Mais son existence est plutôt économique, comme l'explique Dylan Theis de la Chambre des salariés: "on prend les personnes qui gagnent plus et les personnes qui gagnent moins que le revenu médian. Pour les calculs on se base plutôt sur le nombre de salaires qui se trouvent autour de ce montant, et pas forcément en terme de population. L'avantage est que l'on peut ainsi analyser l'évolution de la classe moyenne, si elle grandit ou si justement elle rétrécit".
Le revenu médian net s'établissait à 41.192 euros en 2019 au Luxembourg. Pour Improof, un ménage appartient à la classe moyenne s'il dispose d'un montant compris entre 75 et 200% de ce revenu médian. Pour une personne seule, cette fourchette s'étend de 37.772 à 100.724 euros. Pour un couple avec trois enfants, on passe à un revenu global compris entre 90.652 et 241.739 euros.
Selon ces calculs, 61,4% des ménages faisaient partie de la classe moyenne au Luxembourg en 2019. 29,5% se trouvaient en dessous et seuls 9,1% se situaient au dessus. En 1985, 70,9% des ménages luxembourgeois appartenaient à la classe moyenne.
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Pour Dylan Theis, cette évolution vers le bas est problématique: "une classe moyenne forte est très importante pour la cohésion sociale, pour avoir un accueil favorable au sein de la société. Il est important que tous les acteurs économiques du pays se rendent compte qu'il font partie de la croissance qu'ils vivent au quotidien et qu'il ne s'agit pas d'un phénomène quelconque représenté par des chiffres mais qui ne reflète pas la réalité. Cette baisse de la classe moyenne est donc vraiment tragique".
Afin d'éviter que cette tendance ne s'accentue, il faudrait ajuster les impôts et les transferts sociaux. La couche sociale inférieure (en dessous de la classe moyenne donc) et la classe moyenne elle-même devraient pouvoir bénéficier de baisses d'impôts alors que les 9% les plus riches devraient pouvoir encaisser davantage de retenues fiscales.