
GouvAlert a failli. Lors des intenses précipitations et des inondations du 14 et 15 juillet, le système d'alerte de la population n'a pas rempli son rôle. Lorsque l'application a finalement sonné l'alerte chez ses utilisateurs, il était déjà trop tard.
L'application mobile a donné un premier signe de vie sept à huit heures après le lancement de la phase d'alerte par Meteolux. À ce moment, de nombreuses caves étaient déjà sous eau et le danger pour les citoyens était déjà bien présent. Plusieurs utilisateurs de l'application n'ont même reçu aucun message.
Paul Schroeder, directeur général du CGDIS, a déclaré lors d'une conférence de presse au lendemain des inondations catastrophiques que "dans le feu de l'action, les alertes n'ont été envoyées que plus tard via l'application GouvAlert. Il faut maintenant comprendre pourquoi". Ces mêmes informations avaient cependant déjà été envoyées via d'autres canaux.
Selon le vice-Premier ministre Dan Kersch, invité de la rédaction de RTL mardi et qui avait présenté l'application en 2018, un problème technique ainsi que des licences impayées seraient à la base du retard ou du blocage. Depuis l'introduction de l'application, sept alertes incendie au niveau local ont été envoyées aux utilisateurs alors que deux alertes nationales sont sorties, une en 2020 pour tempête et récemment pour les inondations, malgré leur retard.
Alors que toute la population devrait pouvoir être joignable avec l'application, seules 23.000 personnes l'ont téléchargée sur leur smartphone. Pour la ministre de l'Intérieur Taina Bofferding, il faut que l'application soit davantage téléchargée afin de toucher un maximum de personnes. En parallèle, les réseaux sociaux, médias traditionnels et autres sites internet sont activement utilisés afin de transmettre les messages importants. En ce moment, seuls le Haut-Commissariat à la protection nationale et le CGDIS sont en mesure d'envoyer une alerte via l'appli. D'autres acteurs, comme MétéoLux, la police ou encore l'administration de la gestion de l'eau devraient également pouvoir y accéder.
Un "cell-broadcast-system" est également à l'étude, selon le ministère de l'Intérieur. Grâce à ce système, ce sont tous les utilisateurs de smartphones d'une certaine région qui peuvent être prévenus, même sans application. Les trois opérateurs luxembourgeois ont d'ailleurs conclu un accord avec le gouvernement dans ce sens afin de pouvoir alerter un maximum de personnes en cas de catastrophe.
GouvAlert pourra alors être utilisée de manière plus locale, comme l'avait expliqué à l'époque le ministre. Cette application, dont le développement avait coûté 130.000 euros HTVA, permet également à son utilisateur d'être géolocalisé après un accident par exemple. Pour ce faire, il faut contacter le 112 via l'application afin de permettre aux secours de retrouver l'emplacement de l'urgence.