
Mardi, les membres des Commissions parlementaires de la Santé et de l'Education se sont réunis par visioconférence pour un échange de vues sur la problématique du suicide au Luxembourg. Les députés n'ont toutefois pas encore obtenu l'évaluation du Plan prévention suicide 2015-2019, qu'ils avaient demandée.
Un fait que l'opposition a déploré, mais que comprend le député libéral Gilles Baum, auteur de l'interpellation. Le personnel du ministère de la Santé est actuellement très sollicité par la crise du Covid. Les députés ont retenu que les mesures prévues dans le Plan devraient être maintenues et qu'il faudrait travailler au Plan pour la santé mentale, prévu dans l'accord de coalition.
"Ce que nous avons déjà dans les établissements scolaires, c'est que nous formons des enseignants pour faire les repérages, s'ils voient des indices chez les élèves, pour discuter effectivement de la situation avec le CEPAS, avec les élèves et pour améliorer cette situation. Mais ce qui nous semble très important, et nous en avons parlé mardi matin, c'est que nous formions des gens aux premiers secours à la santé mentale, c'est-à-dire que l'on reconnaisse vraiment, là il y a les signes, celui-là ne va pas bien, il doit être aidé."
Cela ressemblerait aux cours de premiers secours qui existent déjà.
Pour le CSV, il n'y a pas assez d'informations actuellement au Luxembourg sur le contexte des suicides, ce qui complique la prévention. L'introduction d'une "autopsie psychiatrique" pourrait aider, selon Françoise Hetto.
"Si on veut faire une bonne prévention, il faut connaître les causes. Et nous ne les connaissons pas. Parce que nous n'avons pas cetteautopsie psychiatrique. Parce que le RGDP, donc la protection des données, y est opposé. Alors que le parquet était prêt à suivre cette voie pour que les trois bases de données puissent être croisées, que l'on puisse effectivement interroger l'entourage de la victime, la famille, toutes les personnes, pour voir, Ok, qu'est-ce que vous avez vu alors, avant, qu'est-ce qui était peut-être inhabituel chez la victime, où aurait-on pu intervenir."
Pour la députée CSV, le ministère devrait ici se donner les moyens légaux. A ce jour, il n'y a pas eu de hausse des suicides au Luxembourg depuis le début de la pandémie. C'est ce qu'a écrit récemment la ministre de la Santé, Paulette Lenert, en réponse à une question parlementaire. Il faudrait vérifier le bien-fondé de cette affirmation, selon le député du parti "déi Lénk", Marc Baum.
"Il faut regarder ces chiffres de 2020 avec une certaine réserve, car très souvent, les suicides sont transmis au parquet, le parquet doit enquêter, cela dure parfois des semaines voire des mois, ce qui signifie qu'il est beaucoup trop tôt pour dire que la pandémie n'a pas eu d'incidence sur le taux de suicide."
La gauche et le CSV ont par ailleurs regretté que les honoraires des psychothérapeutes ne soient toujours pas remboursés et que dans le même temps, il y ait des délais d'attente de plusieurs mois chez les psychiatres.