TémoignageDina Werner, née sous X à Dudelange, recherche sa mère

RTL Infos
Vingt-trois ans après sa naissance sous X (dans l'anonymat), Dina Werner recherche toujours sa mère. Un parcours du combattant au Luxembourg.

Chaque année, entre trois et dix enfants naissent dans l'anonymat au Luxembourg. Ils ne reçoivent aucune information sur l'identité de leur mère ou de leur père. Dina Werner est dans ce cas et elle veut maintenant retrouver sa mère biologique.

LE RECOURS AUX RÉSEAUX SOCIAUX

Aimée Claude: c'est le nom reçu par Dina lors de sa naissance en 1995 à Dudelange. C'est la sage-femme qui l'a choisi, comme c'est habituellement le cas lors d'un “accouchement sous X”, c'est-à-dire une naissance dans l'anonymat. Quelques jours après, le nouveau-né a été adopté. 23 ans plus tard, la volonté de retrouver sa mère biologique est de plus en plus forte. Comment s'appelle sa mère ? D'où vient-elle? Et pourquoi a-t-elle confié Dina en adoption? La jeune femme ignore les réponses à ces questions. Elle espère obtenir plus d'informations via Facebook. Dina partage publiquement son histoire dans une longue publication accompagnée de photos d'enfance. La seule chose qu'elle sait, c'est que sa mère avait 14 ans à l'époque de sa naissance et qu'elle a probablement des origines capverdiennes. Les parents adoptifs de Dina la soutiennent dans ses recherches.

LA LOI EST FORMELLE

Obtenir des informations par la voie officielle est très difficile. Les enfants nés sous X n'ont en effet aucun droit à accéder à l'identité de leurs parents biologiques. Les données de la mère ne sont retenues nulle part et même à la maternité, la mère qui souhaite accoucher sous X, ne doit pas donner son nom. A côté du Luxembourg, la France et l'Italie sont les seuls pays où l'accouchement sous X est légal. D'autres pays, comme l'Autriche, l'accepte, mais sans fondement légal.

L'ORK - Ombuds-Comité pour les Droits de l'Enfant - souhaite une réforme de l'accouchement sous X. 41 enfants sont nés sous cette procédure au Grand-Duché entre 1994 et 2007. René Schlechter, le président de l'ORK, est de plus en plus confronté à de tels cas. La situation actuelle est en complet déséquilibre, elle est totalement au détriment de l'enfant, qui devrait disposer d'un droit à ses origines. René Schlechter espère la création d'une instance où seraient rassemblées et gérées selon des règles strictes, les données des concernés, de sorte qu'au moins théoriquement, une prise de contact soit possible à condition que ces derniers aient donné leur accord.

ÉVITER DES INFANTICIDES

Un projet de loi est actuellement en cours d'élaboration. Il prévoit effectivement qu'un enfant doit avoir - si c'est possible - le droit de savoir qui sont ses parents. Les travaux sur ce texte ont débuté en 2013, mais il implique de nombreuses discussions tant juridiques qu'éthiques.

Le Planning familial est très clairement favorable à l'accouchement sous X. Selon sa directrice,  Ainhoa Achutegui, il s'agit là avant tout de l'autonomie de la femme. Il peut y avoir beaucoup de raisons à un accouchement sous X, mais il s'agit souvent de situations extrêmes comme un viol ou un inceste. Pour le Planning familial, le choix de la femme doit être à tout prix respecté. Ainsi le nombre d'infanticides a baissé dans les pays qui ont introduit l'accouchement sous X. Il faut le conserver si on veut empêcher les avortements tardifs ou les auto-avortements, selon Ainhoa Achutegui.

LA SOLUTION DE LA "NAISSANCE SECRÈTE"

Le principe de la "naissance secrète" irait plutôt dans la bonne direction. La mère devrait seulement révéler son identité et ses données à la personne qui la suit pendant sa grossesse, des données qui seraient conservées en lieu sûr. Ce n'est qu'une fois plus âgé, que l'enfant pourrait demander à y avoir accès. Un système comme en France, où la femme peut changer d'avis aux cours des années, et choisir entre naissance anonyme ou secrète, serait la solution idéale.

En tout cas, Dina n'abandonnera pas sa quête, peu importe les difficultés.

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