Protection de la jeunesseDeux mineurs envoyés au centre pénitentiaire de Schrassig ce mois-ci

RTL Infos
Sur décision du juge de la jeunesse de Diekirch, un mineur a été transféré au Centre pénitentiaire de Schrassig un peu avant la mi-décembre. C'est le second cas ce mois-ci. Une situation qui pose question.

Le mineur, qui avait fugué du centre socio-éducatif de l’État de Dreiborn, avait été appréhendé par les policiers, qui avaient trouvé sur lui de la drogue, une arme prohibée ainsi que de l'argent liquide.

Le parquet de Diekirch avait indiqué qu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle, mais rendue inéluctable par la dégradation du comportement du mineur. En l'absence de place disponible à l'Unité de sécurité du centre socio-éducatif de l'Etat (Unisec), il avait dû être placé au centre pénitentiaire à Schrassig, à titre transitoire, en attendant qu'une place se libère à l'Unisec.

A peine quelques jours avant, un autre mineur avait déjà été placé à Schrassig pour des raisons similaires.

Comme toujours en pareils cas, le placement de mineurs à Schrassig avait relancé la discussion sur la protection de la jeunesse et le droit pénal propre aux mineurs. En fait, cette problématique est très complexe et se pose à trois niveaux: les infrastructures, la législation et enfin la manière de s'y prendre avec ces jeunes.

En mars 2022, la ministre de la Justice de l'époque, Sam Tanson, et le ministre de l'Education et de la Jeunesse, Claude Meisch, avaient annoncé une réforme de la protection de la jeunesse et un nouveau droit pénal pour les mineurs. Trois projets de loi sont depuis en procédure législative.

Le défenseur des droits des enfants, l'OKaJu, Charel Schmit se félicite qu'après 30 ans, le Luxembourg disposera enfin du cadre législatif nécessaire et que dans les procédures, la protection de l'enfance et la délinquance juvénile seront désormais abordées séparément.

Outre l'aspect prévention, ces mesures permettront d'apporter une réponse plus juste aux victimes, quelles qu'elles soient, c'est-à-dire aussi bien les mineurs victimes, que les victimes d'actes commis par des mineurs.

L'idée de base doit toujours être pédagogique, selon Charel Schmit, afin de restaurer les liens sociaux endommagés.

"L'idée de base est que le jeune sorti du chemin, retrouve le chemin de la société, qu'il soit réhabilité, qu'il redevienne capable de résoudre ses conflits autrement que par la violence et la criminalité. Et qu'il contribue également à réparer lui-même un dommage, que ce soit dans le cadre d'une compensation entre délinquant et victime ou par le biais d'activités sociales, en raison d'un préjudice qu'il a causé à la société."

Lorsque des mineurs arrivent à l’Unité de sécurité ou même au Centre pénitentiaire, ce n’est généralement que le sommet de l’iceberg. Derrière se dissimule une composante sociopolitique complexe.

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