TémoignageDeux étudiants luxembourgeois assistaient au match Belgique-Suède lundi soir

Pierre Weimerskirch
Nous avons discuté avec deux étudiants luxembourgeois qui étaient allés voir le match de football Belgique-Suède lundi soir, et nous leur avons demandé comment ils avaient vécu l'évacuation.
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Au lendemain de l'attentat meurtrier de Bruxelles, Sébastien Marchal déclare que c'est une expérience qui restera gravée dans la mémoire. Etudiant à l'Université libre de Bruxelles, il était allé voir le match Belgique-Suède avec huit copains lundi soir. C'était le premier match des Diables rouges auquel Sébastien Marchal assistait.

Laurent Manderscheid faisait aussi partie du groupe:

"Au départ, nous étions dans un café près du cimetière d'Ixelles, nous habitons tous dans les environs, et nous avons pris le tram ensemble direction le stade. Jusque-là, nous n'avons rien perçu, nous étions un peu en retard et le match avait déjà commencé. Tout était normal jusqu'à la mi-temps et nous sommes restés assis dans les tribunes à la pause. C'est alors que nous avons remarqué que de plus en plus de gens se mettaient dans les escaliers et regardaient en direction de la sortie. La situation était inquiétante, mais on ne savait pas ce qu'il se passait exactement, jusqu'à ce que tout à coup, les haut-parleurs annoncent que le match était interrompu."

Un groupe d'étudiants luxembourgeois était au Stade Roi Baudoin lundi soir.
En Témoignage vum Sébastien Marchal.

"Nous avons reçu des messages, qui disaient que nous devions être prudents"

Les étudiants ont commencé à recevoir des messages d'amis et de parents, ce n'est qu'alors qu'ils ont véritablement compris ce qu'il se passait à Bruxelles. Nous avons été avertis que deux supporters suédois avaient été abattus. "Nous avons aussi peu à peu reçu des messages de copains qui n'étaient pas au stade, qui disaient que nous devions être prudents, selon Laurent Manderscheid.

Nous étions informés en permanence par le porte-parole du stade, ajoute Sébastien Marchal. Les spectateurs n'étaient pas autorisés à sortir du stade, la police avait tout bouclé.

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Laurent Manderscheid: "C'était une situation globalement inquiétante et nous ne savions pas vraiment comment les choses allaient évoluer, car nous ne recevions pas beaucoup d'informations non plus."

Ils ont pu quitter le stade vers minuit. Les portes des différentes tribunes ont été progressivement ouvertes. Il y avait des policiers partout. Les étudiants luxembourgeois ont pris le métro pour rentrer chez eux.

"Nous étions plus impliqués que nous le voulions"

Mardi, Laurent Manderscheid n'avait pas de cours à l'Université et il n'était pas encore sorti de chez lui: "On se sent un peu bizarre, peut-être parce nous étions plus impliqués que nous le voulions. Entre étudiants, nous parlons un peu de la situation et tous les événements du Cercle ont été annulés."

Sébastien Marchal a reconnu qu'il était allé se coucher avec un certain sentiment d'insécurité, parce qu'à ce moment-là l'auteur présumé de l'attentat était toujours en liberté. Mais c'est une expérience qui reste gravée dans la mémoire. Le lendemain, il a pu se changer un peu les idées aux cours.

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