
Lancé dans un programme de modernisation de ses infrastructures au Luxembourg et dans les pays voisins, le ministre des Transports évoque la question de la gratuité des transports pour les frontaliers.
Dans une réponse à une question parlementaire des députés Mars Di Bartolomeo et Yves Cruchten (LSAP), François Bausch s'intéresse aux projets transfrontaliers des CFL. Et réagit surtout à son homologue belge, qui regrettait récemment de ne pas pouvoir rendre les transports gratuits.
Interrogé par les députés, le ministre François Bausch rappelle que les CFL et la SNCB (la société des chemins de fer belges, ndlr) travaillent actuellement à faciliter le transport ferroviaire pour les frontaliers."Du fait que la ligne vers Bruxelles a déjà été ré-électrifiée en 25 kV alternatif jusqu’à Hatrival, il est possible d’envisager que des trains partant de Luxembourg puissent aller jusqu’à Libramont sans rupture de charge."
Une amélioration notable puisque les voyageurs effectuent pour l'heure un changement à Arlon. Une étude est donc en cours pour en définir les avantages. "Les résultats devraient être disponibles au courant de l’année 2023" explique le ministre de la Mobilité.
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Faire circuler des trains CFL sur cet axe ne permettra toutefois pas de prolonger la gratuité luxembourgeoise jusqu'à Libramont. Un blocage dû à une "règle d'interpénétration" entre le Luxembourg et les trois pays voisins: "l’État belge devrait prendre en charge les coûts à partir de la frontière par le biais de leur contrat de service public".
En l'état, le Luxembourg ne peut pas prendre à sa charge les frais de transport des trains en-dehors de ses frontières. Tout comme les pays voisins ne le font pas pour leurs trains qui se rendent au Luxembourg. À défaut d'une gratuité totale sur les transports en commun, les frontaliers ont toutefois bénéficié de réductions lors du passage à la mobilité gratuite en 2020.
Et les frontaliers le savent, des cas particuliers existent. Comme la gare de Volmerange-les-Mines, située en France mais opérée par le Luxembourg et dont les trains sont gratuits.
François Bausch assure toutefois que la politique du gouvernement n'a pas changé. Celle-ci consiste toujours à "travailler étroitement avec les trois pays voisins pour améliorer la qualité de l’offre des transports en commun grâce à des investissements dans l’infrastructure afin de pouvoir augmenter l’offre et la robustesse des circulations".
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