
Le dialogue social fonctionne à nouveau depuis la Tripartite de juin. Plus ou moins.
Après une réunion d’une heure et demie au ministère du Travail, le patronat et les syndicats ont toutefois à nouveau fait état de divergences. La présidente de l’OGBL, Nora Back, a déclaré qu’un accord avait été trouvé pour ouvrir la voie à d’autres modèles d'organisation du temps de travail, tout en insistant sur le fait que cela ne devrait être possible que dans le cadre d’une convention collective. Selon Nora Back, il serait possible de négocier "certaines dispositions relatives aux temps de travail". Elle a cité comme exemple la semaine de quatre jours, avec des journées de travail de dix heures.
Michel Reckinger, président de l'Union des entreprise sluxembourgeoises jusqu'au mois prochain, souhaite toujours que le droit du travail permette aux petites entreprises de moins de 30 salariés de mettre en place des horaires de travail plus flexibles sans devoir conclure une convention collective.
Il a cité un exemple concret : celui d'un salarié, parent isolé, qui souhaiterait travailler moins durant la semaine où il a la garde de son enfant et compenser par davantage d'heures la semaine où il ne l'a pas. Selon Michel Reckinger, "tous ceux qui fonctionnent de cette manière aujourd'hui sont, en principe, dans l'illégalité, même s'ils se sont souvent accordés avec leur employeur".
Le ministre du Travail, Marc Spautz, reste toutefois aligné sur la position des syndicats sur ce point. À ses yeux, faire des conventions collectives la base permettant d'assouplir davantage le temps de travail au-delà du cadre légal actuel, encouragerait également la conclusion d'un plus grand nombre de conventions collectives.
Un désavantage pour les salariés parents isolés travaillant dans des entreprises dépourvues de convention collective ? Marc Spautz a souligné qu'il existe des entreprises de seulement six salariés qui disposent déjà d'une convention collective. Il a également évoqué des mesures de politique familiale qui permettent aux salariés confrontés à certaines contraintes d'organiser différemment leur vie professionnelle.
La rentrée du dialogue social est donc bel et bien lancée et les dossiers restent les mêmes qu'avant les vacances. Outre l'organisation du travail, le ministre du Travail et les partenaires sociaux se penchent actuellement sur le Plan de maintien dans l'emploi ainsi que sur la plateforme Économie.
Le ministre des Finances et la ministre des Affaires sociales doivent encore, de leur côté, finaliser la mise en œuvre de la hausse du salaire minimum décidée lors de la tripartite de juin, ainsi que les mesures de compensation destinées aux entreprises.