Elections communalesDes élections libres et démocratiques: une première pour certains non-Luxembourgeois

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Les nouveaux électeurs avaient jusqu'au 17 avril pour s'inscrire sur les listes électorales afin de pouvoir voter aux élections communales.

Lors des précédentes élections communales, 75.000 ressortissants étrangers n'avaient pas pu voter parce qu'ils ne vivaient pas au Grand-Duché depuis cinq ans. Pour changer cela, la loi portant abrogation de la clause de résidence a été votée par les députés l'été dernier. Par conséquent, des non-Luxembourgeois pourront aussi voter le 11 juin pour désigner ceux qui dirigeront leur commune dans les six années qui viennent.

Parmi ces primo-électeurs figurent également un certain nombre de personnes qui, dans leur pays d'origine, n'ont pas connu d'élections libres. Qu'est-ce que ressent quelqu'un qui est autorisé à participer à ce processus démocratique pour la première fois de sa vie? C'est ce que nous racontent trois jeunes primo-électeurs, pour qui le 11 juin sera un grand jour très important dans leur vie.

Il y a Sabrie Gjeta, 22 ans, originaire d'Albanie, qui vit depuis six ans au Luxembourg. Aujourd'hui, elle étudie la kinésithérapie à l'Université Lunex de Differdange, et depuis peu elle a aussi obtenu la nationalité luxembourgeoise.

De même, le cuisinier responsable d'un restaurant de Leudelange, Ehsan Amiri, va voir un isoloir pour la première fois le 11 juin et il s'en réjouit. Le jeune homme de 21 ans a vécu une odyssée de plusieurs années, il appartient à une minorité ethnique d'Afghanistan, les Hazaras. Un peuple opprimé et persécuté depuis plus d'un siècle. Alors qu'il était mineur, il a entrepris le périlleux voyage vers l'Europe, passant par l'Iran, la Turquie, la Grèce et jusqu'en Suède. Depuis le retour au pouvoir des talibans, son peuple est encore plus soumis à la violence et la terreur, pourchassé et même tué parce qu'il est considéré comme infidèle. Retourner dans sa patrie est impossible! Parfois Ehsan n'arrive pas encore vraiment à croire, après tout ce qu'il a vécu, qu'il a aujourd'hui un travail agréable en tant que chef de cuisine, mais aussi des droits et que sa voix comptera aux élections.

Le restaurant où travaille Ehsan appartient à la petite chaîne "Chiche", où de nombreux immigrés trouvent non seulement un premier emploi, mais aussi un soutien familial. L'un de ses fondateurs est Moudi Alzaher. Le premier restaurant a ouvert ses portes en 2017, depuis trois autres ont suivi et la chaîne emploie plus de 50 salariés, originaires de diverses nations.

Moudi vit au Luxembourg depuis huit ans, et il va bientôt obtenir la nationalité, comme il le raconte fièrement. Le restaurateur de 30 ans est originaire de Syrie. Quand la guerre a éclaté en Syrie en 2011, il a d'abord fui au Liban pour ne pas être incorporé dans l'armée. Il y est resté quatre ans, avant de partir en 2015 au Luxembourg, où il s'est peu à peu construit une carrière culinaire et une nouvelle vie. La guerre continue en Syrie et pour lui aussi, ces élections sont quelque-chose de particulier. La liberté de pensée n'existe pas dans son ancienne patrie, ni des élections libres. Dans une dictature, le choix n'existe pas.

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