
Marc Fischbach, le président de la Copas, le regroupement des prestataires de services d’aides et de soins, avait parlé lundi sur RTL d'une différence de salaire de 17% entre les deux secteurs.
Ni l'Anil, ni l'OGBL n'ont pu confirmer que la différence entre les salaires dans le secteur hospitalier et celui des soins à la personne, est effectivement de 17%. Ce serait fonction des carrières et de l'ancienneté, selon Pitt Bach de l'OGBL. Cependant, la convention collective serait globalement un peu plus attractive dans le secteur hospitalier.
"(...) Et je lance un appel (...), car la convention collective SAS arrive à échéance à la fin de l'année, je dois le dire, et si nous voulons vraiment aller vers ce projet, il y a aussi des éléments qui ne coûteraient rien, derrière lesquels il n'y aurait aucune réalité financière, à la différence des salaires, des éléments tels que la réglementation des heures supplémentaires, la flexibilité des horaires de travail, sur lesquels on peut déjà avancer et dire, venez, nous nous orientons vers le meilleur modèle, qui a fait ses preuves, et c'est dans ce cas, la convention collective de la FHL."
La FHL, la Fédération des hôpitaux luxembourgeois, indique dans une prise de position écrite, qu'il serait intéressant de se réunir et de comparer les deux conventions collectives. Il n'y a pas seulement le volet financier, mais des critères tels que la formation, les perspectives et l'innovation, contribuent aussi à l'attractivité des professions.
Pour l'OGBL et l'Anil, il y a aussi d'autres facteurs que le salaire. S'il est vrai qu'en fin de carrière, les salariés sont un peu plus payés dans le secteur hospitalier, les exigences seraient également différentes, par exemple, il y aurait moins de travail posté à l'extérieur des hôpitaux, selon la présidente de l'Anil, Anne-Marie Hanff.
"C'est quelque chose que vous supportez moins bien avec les années. Cela signifie qu'il est vrai que les gens pourraient être maintenus plus longtemps dans la profession s'ils pouvaient trouver un emploi qui corresponde à ce dont ils ont besoin à ce moment précis. C'est tout aussi difficile pour un jeune qui a débuté dans le secteur extra-hospitalier, après de passer au secteur hospitalier, car beaucoup de gens veulent y travailler en ce moment."
Le président de la Copas, Marc Fischbach, avait proposé de répartir l'argent différemment, si on ne voulait pas dépenser plus pour adapter les deux conventions collectives l'une à l'autre. Une proposition remise en question par Anne-Marie Hanff.
"Parce que si vous regardez les chiffres de l'OCDE, nous payons moins de notre PIB en soins de longue durée au Luxembourg que dans d'autres pays, et aussi que la moyenne de l'OCDE. Il faut peut-être une fois faire le calcul, combien cela représenterait si on augmente simplement cette enveloppe."
Les syndicats, de leur côté, s'étaient prononcés ces dernières années en faveur d'une revalorisation des carrières. Pitt Bach de l'OGBL parle d'un pas dans la bonne direction, sur lequel on ne veut pas revenir.
"Pour nous, il y a une ligne rouge très claire et si nous ne sommes pas d'accord là-dessus, dès le départ, alors nous n'avons pas du tout besoin d'entamer ces entretiens. C'est que personne dans la globalité du secteur, ne devrait s'en tirer plus mal avec ce projet."