
"Les nouvelles réglementations et contraintes sont un fardeau" pour les agriculteurs et "dans ces pays, leurs subventions ont également été réduites, alors que des aliments moins chers sont importés d’autres pays où il n’y a aucune contrainte". Selon Martine Hansen, leur mécontentement est compréhensible. En tout cas, "au Luxembourg, toutes les subventions seront maintenues", précise la ministre de l'Agriculture. La situation est plus précaire dans le secteur de l'élevage porcin, qui est déficitaire. "La majeure partie de la viande de porc est importée." Par ailleurs six exploitations ont cessé leur activité. Il y a là un "problème structurel". Une entrevue est prévue la semaine prochaine avec des représentants du secteur, afin de déterminer comment venir en aide aux éleveurs, a expliqué Martine Hansen.
Les agriculteurs sont confrontés à de nombreuses directives arrivant de Bruxelles. Il a par exemple été récemment décidé que tous les petits producteurs d'oeufs doivent disposer de leur propre zone de conditionnement au sein de leur exploitation. Cela représente une "lourde charge administrative". "Et qu'est-ce que tout cela apporte?", demande la ministre. Pas grand-chose, à part la "démotivation des petits exploitants agricoles". De même, "les objectifs en matière d'émissions d'ammoniac ne sont pas applicables de manière réaliste". Le Luxembourg n'a pas d'élevage intensif de bovins. Au Grand-Duché, il y a en moyenne une vache par hectare de terrain. Ce n'est pas beaucoup et pourtant il faudrait réduire les émissions d'ammoniac de 22%. C'est "très éloigné de la réalité". "Dans le même temps, il y a beaucoup de marchandises importées dans l'UE qui ne doivent pas respecter ces normes." Martine Hansen va bien sûr tenter, lors des Conseils à Bruxelles, de s'unir à d'autres pour défendre avec force les intérêts du Grand-Duché, mais nous sommes seulement un pays parmi d'autres.
"La principale revendication des agriculteurs est qu’ils aimeraient voir leur travail valorisé." C'est la conclusion tirée par Martine Hansen de ses dernières entrevues avec les représentant des agriculteurs. Ils veulent aussi un véritable dialogue, et ils vont l'obtenir sous la forme d'une table ronde consacrée à l'agriculture. La nouvelle ministre souhaite réunir cette table ronde tous les six mois pour discuter avec les agriculteurs des problèmes concrets.
Il faut simplifier les procédures, la ministre en est consciente. Le système avec les trois ministères (Energie, Environnement et Agriculture) est fastidieux. C'est pourquoi elle souhaite créer "une sorte de guichet unique", mais cela ne se fera pas du jour au lendemain.
En termes d’approvisionnement en eau, il faut encore faire des efforts. Après la table ronde sur l'eau en 2021, trois projets pilotes ont été retenus, mais aucun ne s'est encore concrétisé. Il faut enfin avancer. Lors d'un entretien avec le ministre de l'Environnement, Serge Wilmes, jeudi, il a été convenu d'avancer le plus vite possible sur ce dossier, a indiqué Martine Hansen.