
Pendant les vacances d'été, les trois autres joints de dilatation du Viaduc seront également remplacés par des joints provisoires.
Les ponts autoroutiers, tels que le Viaduc de Munsbach sur l'A1, sont conçus pour un trafic intense. Les nombreux camions qui y circulent quotidiennement mettent évidemment à rude épreuve les structures au fil du temps. C'est le cas pour ce Viaduc construit en 1988 et dont un élément a dû être remplacé en 2023. Il a été détecté lors d'une inspection qu'un joint était défectueux. L'Administration des Ponts et Chaussées a alors lancé un projet d'assainissement provisoire des viaducs au Luxembourg. Les causes à l'origine d'un joint défectueux ne sont pas seulement les conditions météorologiques, mais aussi l'âge des structures, explique Roland Fox, directeur des Ponts et Chaussées:
"Avec ce joint, il faut aller vérifier tous les trois ans. C'est testé. Il a été constaté que celui-là a subi une dégradation excessive et que le joint est dégradé plus tôt que prévu. Il y a aussi le fait que ces produits sont réalisés sur mesure et il y a des entreprises qui ont construit cela, qui parfois n'existent plus."
Pour installer un tel joint, vous avez besoin de toute la largeur du pont. Pendant les travaux, le trafic devra donc circuler en mode bidirectionnel, c'est-à-dire sur une voie pour chaque direction. La vitesse sera aussi limitée à 50 km/h sur ce tronçon. Même si l'ensemble du projet devrait être terminé avant la fin des vacances d'été, des embouteillages sont-ils à prévoir? Fritz de Oliveira, responsable de la Division des ouvrages d'art?
"Les embouteillages sont une affaire de point de vue. Je pense qu’il faut voir, tout le monde ne considère pas les bouchons de la même manière. Aujourd'hui aussi, il n'y a pas beaucoup d'embouteillage ici, le trafic est lent, c'est vrai, mais ce trafic lent, c'est pour la sécurité des automobilistes, car nous devons veiller à ce que la dégradation de ces joints reste aussi minime que possible, tant que nous ne les aurons pas tous remplacés au moins provisoirement."
Les Ponts et Chaussées prévoient également une inspection de l'ensemble du réseau autoroutier. Fritz de Oliveira explique pourquoi il peut y avoir plus souvent des chantiers sur les autoroutes, comme l'A1:
"Une chose très importante est de connaître l’âge de notre réseau. En fonction de la vétusté, vous aurez plus ou moins de chantiers. Si le réseau est encore récent, comme par exemple la Collectrice du Sud, vous avez moins de chantiers. Vous avez évidemment d'autres autoroutes, qui ont plus de chantiers. Et ce n'est pas pour rien qu'une A3 va maintenant être élargie et qu'on va en profiter pour rénover toutes ses infrastructures, car elles ont simplement un certain niveau de vétusté. Et l'A1 est peut-être encore un peu plus vielle, à la différence de la Nordstrooss, qui est toute neuve. Voilà pourquoi il y a parfois plus de chantiers. C'est de là que cela vient. La vétusté implique certains chantiers programmés."
Depuis 1995 existe au Luxembourg une Division des ouvrages d'art, qui s'occupe d'inspecter les ponts autoroutiers. Elle veille à ce que le matériel reste intact. Si des défectuosités sont constatées, il faut intervenir. Lors d'une inspection, chaque élément d'un pont est scrupuleusement examiné. Au terme d'une inspection, chaque ouvrage se voit attribuer un état des lieux, qui indique si des travaux doivent être réalisés ou si le pont est toujours en ordre. Fritz De Oliveira précise comment une telle inspection peut être menée:
"Chez nous, les collaborateurs qui le font, sont tous formés, sont tous non-sujets aux vertiges et savent tous nager, car nos ponts surplombent aussi des cours d'eau. Il s'agit certainement de trois critères physiques. La formation en interne dure environ deux ans. Cela signifie qu'elle est réalisée par notre Administration. Les gens vont parfois aussi suivre des formations à l'étranger, pour étudier de nouvelles techniques. Parce que nous verrons, au cours des prochaines décennies, que beaucoup plus de techniques numériques seront utilisées, comme des drones [...]"
Si un pont est défectueux, il faut décider de la suite. Parfois il s'agit de petits éléments, qui peuvent être rapidement remplacés. Pour d'autres ponts, en fonction de leur vétusté ou de leur dégradation, la question se pose de savoir s'ils peuvent encore supporter le trafic. Il peut alors arriver qu'un pont doive être rasé et reconstruit. Il est également important que la gestion du trafic routier soit maintenue. Roland Fox, directeur de l'Administration des ponts et chaussées: "Ce que nous voyons maintenant au Viaduc de Munsbach, devrait en fait rester l'exception."