
Quant au patronat, il l'exclut carrément. La vérité est quelque part au milieu de ces prises de position, une étude britannique vient de livrer des résultats assez intéressants, alors que certaines entreprises luxembourgeoises ont déjà pris la décision d'opter pour cette option.
Le Luxembourg est désespérément à la recherche de nouvelles recrues, de nombreuses sociétés et administrations sont clairement en sous-effectif de personnel. Désireux d'offrir une attractivité professionnelle à leurs salariés, les employeurs se tournent désormais de plus en plus vers les souhaits des employés, avec en premier lieu des horaires de travail moins longs. D'un côté pour se protéger mentalement et physiquement, et de l'autre pour pouvoir passer plus de temps avec leurs familles. Ce sont surtout les jeunes recrues qui recherchent un équilibre travail-vie (work-life balance, NDLR) en adéquation avec leur vision de la vie d'aujourd'hui.
La banque Raiffeisen a introduit un jour de congé supplémentaire, le "quality time", qui peut être pris par chaque employé en fonction de l'organisation de l'équipe ainsi que de la charge de travail. Après 7 mois, le directeur de la banque est convaincu que cela va dans le bon sens afin d'augmenter la productivité tout en offrant un peu plus de temps libre à ceux qui l'ont mérité.
Cette étude britannique, à laquelle 60 entreprises et leurs quelque 2.900 employés ont participé pendant 6 mois, a analysé la semaine de 4 jours. Le temps de travail est donc plus court, mais le salaire n'a pas changé. Le résultat est plutôt positif: la santé mentale et physique des employés a clairement évolué dans le bon sens, les collaborateurs peuvent désormais passer plus de temps avec leurs familles et leurs enfants. La croissance des entreprises a continué d'augmenter alors que le nombre des démissions a été divisé par deux.
Les entreprises ont cependant dû faire quelques adaptations afin de parvenir à cette situation, notamment en annulant certaines réunions obsolètes afin d'améliorer la productivité. Ce gain en rendement a profité aux employés qui ont eu droit à plus de temps libre, ce qui a également fait baisser leur niveau de stress et réduit le risque de burn-out de 70%.
Il faut cependant souligner que cette étude britannique n'a analysé que des sociétés dont la présence des employés n'est pas permanente, comme par exemple dans le domaine de la gastronomie.
L'organisation et la communication sont les clés de la stratégie d'une autre société: Flibco. L'entreprise qui propose des trajets en bus à travers toute l'Europe vient d'introduire la semaine à 4 jours depuis cet été. Une solution réalisable grâce à un changement de mentalité chez les collaborateurs mais également un nouveau mode de travail avec des instruments plus performants, notamment. Le concept de ce "new work" est en élaboration depuis de longs mois chez le transporteur, et ces évolutions ont réellement fait partie de la solution. La confiance et l'écoute des collaborateurs ont également joué un rôle prédominant dans la mise en place de ces nouveaux horaires de travail. Des employés indépendants peuvent très bien gérer leur journée tout en s'assurant que le travail sera fait, même si ce ne sont pas des journées typiques de 8h à 17h.
Davantage de productivité grâce à l'innovation, les responsables de la société en sont convaincus, car elle permet d'augmenter le temps libre des salariés qui se sentent mieux, qui sont davantage motivés, plus créatifs et finalement plus productifs.
Selon le patron de Flibco, ce ne sont pas les responsables politiques qui doivent agir, mais bien les entreprises qui doivent se réinventer en poussant leurs propres innovations.