NucléaireClaude Turmes réagit sur la durée de vie de Cattenom

Maurice Fick
EDF investit 200 millions d'euros pour prolonger de dix ans la durée de vie du réacteur n° 3 de la centrale de Cattenom. Le ministre de l'Énergie luxembourgeois souligne qu'"il n'y a pas de sécurité absolue" avec le nucléaire.
© JACQUES DEMARTHON / AFP

Près de 2.500 ouvriers et ingénieurs sont affairés ces jours-ci dans la centrale nucléaire de Cattenom où le réacteur n°3 est à l'arrêt six mois pour cause de visite décennale et l'unité 1 pour un rechargement de combustible. Profitant de la présentation des titanesques travaux, Jérôme Le Saint, directeur de la centrale de Cattenom, a assuré mardi que "la centrale est encore plus sûre maintenant qu'à sa conception puisque nous avons fait un certain nombre de modifications en trente ans pour réévaluer et réhausser le niveau de l'installation".

Parlant même de la centrale comme d'un "atout dans le contexte actuel de réchauffement climatique puisqu'elle produit de l'électricité sans produire de CO2 à un coût largement compétitif".

Claude Turmes (Déi Gréng), le ministre l'Énergie, est revenu sur ces déclarations dans le journal télévisé de RTL mardi soir: "Avec l'énergie nucléaire, il n'y a pas de sécurité absolue, c'est pourquoi nous luttons pour la fermeture de Cattenom", a-t-il rappelé.

© RTL

Le ministre de l'Énergie est d'avis que les installations françaises sont beaucoup moins sécurisées que les installations allemandes. En effet, en Allemagne, la plupart des matières radioactives sont stockées dans une enceinte en béton, tandis qu'à Cattenom elle sont entreposées dans un hangar en tôle. Ce que le directeur de Cattenom ne dit cependant pas, c'est que les mesures décidées par le gouvernement français pour les centrales nucléaires après Fukushima ne seront pleinement mises en œuvre qu'en 2038.

DES ALLIÉS DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA FRONTIÈRE

Claude Turmes voit d'un très bon oeil que dans la lutte contre le nucléaire, il bénéficie du soutien des partis verts des pays voisins. En Belgique, les Verts sont au gouvernement et il est en contact avec eux pour fermer la centrale belge près de la frontière luxembourgeoise. Ce qui arrivera dans les prochaines années selon Claude Turmes.

Par rapport à Cattenom, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat sont deux alliés avec lesquels une démarche commune est en cours. Claude Turmes espère que les Verts rejoindront le gouvernement en Allemagne cette année, pour avoir alors un allié plus grand encore.

Le docu-fiction "An Zéro" montre ce qui pourrait arriver au Luxembourg en cas de catastrophe nucléaire à Cattenom. Le pays serait alors inhabitable. Un scénario qui ne peut être exclu, selon Claude Turmes.

La centrale nucléaire de Cattenom prolonge sa durée de vie
Trois gros chantiers se dérouleront à Cattenom cette année. L'énorme visite décennale en cours doit prolonger la vie du réacteur n°3 jusqu'en 2031.

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