
Luc Frieden avait choisi le château de Senningen pour accueillir ses homologues Bart De Wever pour la Belgique et Dick Schoof pour les Pays-Bas. Ce dernier a d’ailleurs déclaré que “cette union est plus qu’un élément de l’histoire, surtout en ces temps de conflits et d’insécurité, elle est plus déterminante que jamais. Toute l’Europe a bien reçu le message, il faut maintenant se lever, mais ensemble. Ce n’est pas seulement le cas pour l’Europe mais également pour le Benelux, et cela concerne tous les domaines, principalement la sécurité”.
La réunion a duré un peu plus d’une heure et demi, et Luc Frieden en a profité pour revenir sur quelques points cruciaux, comme la défense par exemple. Il est clair que les trois pays vont davantage collaborer, car le fait d’acheter ou de produire ensemble augmente l’efficacité. “L’Ukraine peut compter sur notre soutien, notre sécurité dépend de la leur”, a encore martelé le Premier ministre des Pays-Bas.
Les discussions ont également tourné autour d’une collaboration encore plus étroite entre les différentes forces de police. La criminalité ne connaît pas les frontières et justement, elle doit être combattue de la même manière.
Les trois Premiers ministres ont à nouveau loué l’accord de Schengen qui permet la libre circulation des personnes à l’intérieur de ses frontières, mais selon eux, il faut davantage combattre l’immigration clandestine et la criminalité organisée. Luc Frieden “comprend l’Allemagne” qui a réintroduit certains contrôles aux frontières, “car le pays est confronté à une migration massive et illégale. Mais ces contrôles nuisent à la bonne cohésion sociale de notre société”.
Pour Bart De Wever, ces contrôles ne sont pas forcément la meilleure solution, “d’autres moyens plus efficaces existent pour contrer ces problèmes. Je ne suis pas convaincu personnellement de ces contrôles aux frontières intérieures à l’Europe”.
Pour Dick Schoof, il est important pour l’UE d’avoir une bonne économie en bonne santé. Les représentants du Benelux ont déclaré mettre tout en œuvre afin d’augmenter la compétitivité des pays.
Pour Luc Frieden, il faut soutenir l’initiative de faciliter le cadre réglementaire afin de réduire les contraintes administratives dans nos pays, même si le Benelux est “la porte d’entrée de l’Europe”, comme le précise Dick Schoof, “c’est une position spéciale sur laquelle nous devons travailler et de laquelle nous pouvons profiter”.
“Lors de la création du Benelux en septembre 1944, l’Europe était en guerre”, rappelle Bart De Wever. Les trois pays ont alors décidé de s’unir afin de mieux traverser la crise. “Nous traversons à nouveau une situation similaire avec la guerre qui fait rage sur le continent et qui nous touche, qu’on le veuille ou non”.
Les sécurités que nous connaissons depuis de longues années sont en train de disparaître.
“Je pense que c’est une bonne idée de se poser la question, ensemble dans le contexte de l’union du Benelux, de la manière dont on peut se regrouper et de maîtriser cette crise et d’en sortir plus forts, ensemble”, conclut le Premier ministre belge fraîchement nommé.
Pour Bart De Wever ainsi que Dick Schoof, il s’agissait de la première réunion du Benelux présidée en ce moment par le Luxembourg. C’était également la première visite à l’étranger du Premier ministre belge.