
Amazon a annoncé officiellement le 28 novembre son intention de licencier 14.000 postes dans le monde et 470 salariés au Luxembourg. C’est “un chiffre sans précédent” qui représente 10% des effectifs d’Amazon Luxembourg, le 4e employeur du pays.
L’entreprise affirme que “ces licenciements massifs s’inscrivent dans le cadre d’une réorientation stratégique visant à accroître les investissements dans l’intelligence artificielle”. L’OGBL et le LCGB dénoncent un “motif est clair : la cupidité de l’entreprise”.
“Il est indéfendable” aux yeux des deux plus grands syndicats du pays, qu’Amazon “licencie des travailleurs tout en reconnaissant que l’entreprise se porte bien”, ce qui constitue un euphémisme sachant que le géant de la Tech a enregistré “des bénéfices records de plus de 332 milliards de dollars l’année dernière”.
“Le moment choisi pour cette annonce est particulièrement cynique”, relèvent les syndicats. L’information a été communiquée à la délégation du personnel par courrier électronique quelques instants seulement après que la direction locale d’Amazon ait rencontré le ministre du Travail, Georges Mischo, pour discuter de la possibilité de négocier un plan de maintien dans l’emploi. Une approche qui démontre, selon l’OGBL et le LCGB “le manque d’intérêt porté par Amazon en vue d’une réduction du nombre de licenciements ou de la recherche de solutions internes” comme la formation ou le redéploiement de salariés.
Ce n’est “pas une démarche responsable” de la part de l’entreprise, écrivent les syndicats qui parlent d’une “décision cruelle” qui “privilégie les profits au détriment des moyens de subsistance de centaines de travailleurs, plongeant leurs familles et leurs entourages dans une profonde incertitude dans un marché de l’emploi déjà difficile”. Les syndicats soulignent que de nombreux salariés touchés sont spécialement venus s’installer au Luxembourg pour travailler chez Amazon.
En 2024, l’OGBL et le LCGB avaient lancé des campagnes pour garantir l’élection de délégués syndicaux au sein de la délégation du personnel d’Amazon. De sorte que “pour la première fois, les délégués des organisations syndicales seront présents à la table des négociations”, pour veiller au fait que les intérêts des salariés se trouvent au cœur de tout accord. Les deux syndicats militent pour la mise en place d’un “plan de maintien dans l’emploi avant tout licenciement sec”.
Ce lundi matin, le ministre du Travail, Georges Mischo, a rencontré la délégation du personnel d’Amazon. A l’issue de cette entrevue il a confié au micro de RTL qu’’au sein de la délégation, une grande inquiétude règne quant à la suite des événements”.
L’entreprise américaine avait indiqué vendredi au ministre que le licenciement de 470 personnes constituerait le pire scénario. Mais des membres de la délégation du personnel craignent que les suppressions de postes, qui pourraient toucher 470 salariés, ne soit pas le chiffre définitif.
Le ministre du Travail a expliqué que les membres de la délégation “pensent que le nombre de licenciements ne restera pas à 470. Il est possible que d’autres personnes soient licenciées dans les prochains mois. La réunion de ce matin a été particulièrement difficile, car ces personnes apprennent leur licenciement juste avant Noël! Lundi à 15 heures, des négociations ont débuté entre la délégation, Maître Adam et, bien sûr, la direction d’Amazon. L’objectif est de conclure les négociations d’ici le 15 décembre”.
Georges Mischo insiste pour que l’ADEM reçoive dès à présent les profils des personnes concernées par les licenciements, et ce, dans les plus brefs délais. Il indique qu’une journée de recherche d’emploi pourrait également être dédiée aux employés d’Amazon et que, si nécessaire, le Comité de conjoncture pourrait se réunir exceptionnellement. Il assure en tout état de cause que le ministère et l’ADEM sont prêts à accompagner et à réinsérer professionnellement les personnes touchées, au plus vite.
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