
Les camions de plus de 7,5 tonnes n'étant pas autorisés à franchir la frontière, un grossiste de Leudelange n'a pas pu livrer mercredi l'équivalent de 20 % de son chiffre d'affaires. Des marchandises d'une valeur de 200.000 à 300.000 euros, elles sont partiellement parties jeudi, mais cela fera une perte, indique Georges Eischen, associé-gérant. C'est la première fois en 55 ans d'histoire de l'entreprise que des clients n'ont pas été livrés, regrette-t-il.
"Pour nous, c'est incompréhensible, parce que les routes étaient totalement praticables. Nous avons livré tout le pays sans faire une éraflure, sans aucun problème. (...) Je suis vraiment désolé, mais nos clients perdront confiance en nous si nous ne pouvons plus livrer."
Une perte, une librairie de Luxembourg-Ville en a aussi réalisé une mercredi. Aucun client n'étant passé dans la matinée, la boutique est restée fermée l'après-midi, explique sa gérante, Ava Najafi. Selon elle, il était pourtant opportun de lancer une alerte.
"Mais je trouve que ce qu'ils ont fait pour hier [mercredi], il auraient plutôt dû le faire pour aujourd'hui [jeudi]. Car aujourd’hui tout le monde a eu beaucoup plus de mal pour se rendre au travail. Moi aussi, mais aujourd'hui il y aura encore moins de monde qu'hier."
Mieux vaut trop d'alertes que pas assez, estime Christophe Wagner, cafetier dans le centre-ville. "De toute façon en janvier, il ne se passe pas grand-chose. Et par un tel temps, c'est prévisible qu'il n'y aura rien. Cela ne nous aide pas, mais c'était attendu et il n'y a rien de dramatique."
A moins de 150 mètres de là, le patron d'un restaurant est d'un tout autre avis. Mercredi il a perdu environ 75% de son chiffre d'affaires. C'était la plus mauvaise journée depuis son ouverture, selon Alex De Toffol. "L'alerte rouge est vraiment problématique pour nous. Nous avons perdu 90% de nos réservations. Et une alerte orange est déjà problématique, car nous perdons beaucoup de réservations."
Effectivement les établissements qui étaient ouverts, n'ont pas eu beaucoup de travail: c'est l'écho qu'a reçu de ses adhérents l'Horesca, la Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Grand-Duché. "Mais je pense que c'est un effet que nous aurions ressenti, même si l'état d'urgence national n'avait pas été lancé, car beaucoup de gens étaient restés en télétravail hier", selon son secrétaire général, François Koepp.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: