
Les récents développements sur le marché international de l’énergie se font également sentir au Luxembourg. La hausse des prix du diesel et du fioul domestique, en particulier, suscite actuellement des inquiétudes. “Cela nous préoccupe naturellement”, a déclaré le ministre de l’Énergie et des Affaires économiques, Lex Delles. La situation s’est aggravée ces derniers jours, mais une analyse plus approfondie est nécessaire.
L’une des grandes inconnues concerne la situation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour le commerce du pétrole et du gaz. Personne ne sait pour l’instant combien de temps durera le blocus ni comment la production mondiale évoluera. Toute autre affirmation relèverait de la pure “spéculation” , a déclaré le ministre. Il est également impossible de prévoir si le prix de l’essence pourrait grimper au-dessus de deux euros.
Pour Lex Delles, la véritable question est plus profonde : comment l’Europe peut-elle réduire sa dépendance aux décisions prises hors du continent ? “Cela démontre une fois de plus notre dépendance à des décisions prises hors du Luxembourg et de l’Europe.” Il entrevoit la solution dans un investissement constant dans les énergies renouvelables.
C’est précisément pour cette raison qu’il s’est rendu en Espagne. Dans le cadre de la visite du Grand-Duc au Roi d’Espagne, un “mémorandum d’entente” a été signé, portant notamment sur l’hydrogène vert et le développement des énergies renouvelables. L’objectif est clair : l’Europe doit gagner en indépendance énergétique et renforcer son approvisionnement.
Les prix à la pompe sont directement liés au marché et réagissent rapidement aux fluctuations internationales. La situation est différente pour l’électricité et le gaz : dans ce cas, les stratégies d’achat des fournisseurs contribuent à lisser les fluctuations de prix sur le long terme. Cela signifie qu’il n’y aura pas nécessairement de répercussions directes pour les ménages, sauf si la crise se prolonge.
Si la situation s’aggrave, le ministre n’exclut pas des mesures étatiques. Le gouvernement devra alors assumer ses responsabilités et voir comment il peut aider la population à préserver son pouvoir d’achat.
Pour le ministre de l’Énergie, la situation actuelle montre que l’Europe doit diversifier davantage sa politique énergétique. C’est le seul moyen d’éviter que les crises internationales n’aient un impact majeur sur les prix de l’énergie.
L’entretien avec RTL (en luxembourgeois).