
Permettront-elles de donner plus de temps libre aux travailleurs ? Ou au contraire, est-ce un projet inadapté pour le Luxembourg ?
Fin octobre, le ministre du Travail a présenté une série de propositions en Comité permanent de l'Emploi et du Travail. Les employeurs et les syndicats ont ainsi pu évoquer la nouvelle possibilité de flexibilisation du temps de travail imaginée par le gouvernement. À terme, celle-ci permettrait de concentrer les 40h de travail hebdomadaire d'un temps plein sur quatre journées de 10h (au lieu de cinq journées de 8h). Permettant ainsi d'avoir un 3e jour de repos dans la semaine.
Le système présenté par Marc Spautz séduirait potentiellement les personnes habituées à effectuer des heures supplémentaires chaque jour. Mais des limites dans sa conception ne le rendront pas applicable au bon vouloir de chacun,
Le dispositif pourrait être négocié dans le cadre d'une convention collective. La nouvelle répartition du travail dépendrait donc d'abord des accords signés au sein d'une entreprise.
L'intérêt d'un tel changement est également incertain : le Code du travail prévoit déjà pour les travailleurs la possibilité de travailler neuf heures par jour et donc, de bénéficier d'une demi-journée de repos chaque semaine en compensation. Un système jusqu'ici peu utilisé.
En l'état, la législation luxembourgeoise prévoit un repos hebdomadaire de 44 heures consécutives. Le ministre du Travail a toutefois évoqué la possibilité de réduire cette durée à 35h consécutives. Là encore, la négociation d'un tel changement passerait par une convention collective et ne s'obtiendrait pas sans contreparties.
En parallèle, il est également envisagé de prévoir deux pauses au cours d'une journée de travail, contre une actuellement. Les syndicats seraient toutefois réticents car chaque pause allongerait mécaniquement la durée totale d'une journée de travail. Entrecoupée de deux pauses, la journée serait donc plus longue pour le travailleur concerné.

Une des propositions du ministre inclut de flexibiliser le nombre d'heures à effectuer chaque semaine pour un actif à temps partiel. Ainsi, on pourrait imaginer un mi-temps déséquilibré (une semaine à 30h de travail, la suivante à 10h) plutôt qu'un modèle fixe à 20h par semaine. Là encore, ces possibilités ne pourraient être mises en place que dans le cadre d’une convention collective. Les modalités concrètes pourraient donc varier selon les secteurs et les entreprises.
Ces propositions sont encore loin d’être appliquées et applicables. Les partenaires sociaux vont désormais les soumettre à leurs instances respectives avant de revenir en discuter en Comité permanent de l'Emploi et du Travail. Ce n’est qu’ensuite qu’un projet de loi pourrait être élaboré et devrait alors passer par les différentes étapes de la procédure législative.