Fini les chiffons et les produits de nettoyage. La société Acrobatica Luxembourg a passé la vitesse supérieure et utilise depuis quelque temps un tout nouveau drone de nettoyage.
L’engin impressionne à première vue, surtout par son envergure : 1,5 mètre de long et de large, pour un poids d’une dizaine de kilos.
“On faisait face à un problème pour le nettoyage de la cour intérieure, qui n’est accessible que par des moyens très coûteux. Acrobatica nous a proposé cette solution de drone, qui paraissait la plus adaptée”, explique Marc Gravier, gestionnaire immobilier chez Inowai, et propriétaire du Moiré.
Situé à Belval, le bâtiment a enfin pu faire peau neuve. Des nacelles devaient être utilisées, mais elles étaient beaucoup trop coûteuses : “Ça dépassait les 10.000 euros, c’était hors de notre budget” selon lui.
En plus de l’accessibilité restreinte de la cour, l’endroit possède des bardages très fragiles, qui peuvent être rayés et abîmés facilement en cas d’intervention classique.
Ainsi, des cordistes se sont occupés de l’ensemble du bâtiment, tandis que le drone a été privilégié pour la cour intérieure.

Aux commandes de l’engin, on retrouve Vincenzo. Il mène quelques tests dans un premier temps pour s’assurer du bon déroulé du nettoyage. “On a fait un premier décollage pour vérifier les conditions météo, tous les contrôles. C’est très important pour ne pas crasher le drone”, explique le pilote.
On peut le comprendre, quand on sait qu’un tel engin coûte 30.000 euros.
Une fois le test réussi, le drone commence par appliquer une grande quantité de produit sur l’ensemble de la façade.
Le nettoyage s’apparente presque à une tempête de neige, avec le savon qui vole dans tous les sens. Ensuite, il ne reste plus qu’à laisser agir avant de rincer.
Si le produit est appliqué de façon grossière, le rinçage doit être minutieux. “Cette partie-là du bâtiment nous prendra la journée”, selon Vincenzo.
Au total, ce seront trois journées qui seront consacrées au dépoussiérage de la cour intérieure.
Et si le nettoyage est un travail fastidieux, les conditions ne sont pas toujours idéales pour travailler correctement. “Aujourd’hui, il y a plus de vent, donc c’est compliqué pour se stabiliser, surtout quand le drone monte haut ”, explique-t-il.
Heureusement pour Vincenzo, la manutention d’un tel engin reste assez simple grâce aux formations, et aux conseils qu'il a reçus.

Ce nouvel outil, Acrobatica Luxembourg ne le possède que depuis plusieurs mois.
Filiale du groupe italien éponyme, elle est spécialisée dans un premier temps dans les interventions de toutes sortes sur cordes, en hauteur.
Mais face à certaines contraintes, il a fallu se réinventer et trouver des alternatives. “Le drone est très intéressant, compte tenu de ce qu’il peut faire, et de son coût pour les clients. Mais ça ne remplacera jamais un cordiste, ou n’importe quel travailleur. C’est un travail en binôme.”, explique Gunkan Gezgin, responsable de l’agence Acrobatica Luxembourg.
Si cette intervention paraît anodine, il faut des mois de préparation pour organiser un nettoyage de la sorte.
Plusieurs paramètres sont à prendre en compte : avoir des pilotes formés, obtenir les autorisations nécessaires, une météo favorable, ou savoir comment alimenter le drone en eau et en électricité.
“C’est tout nouveau pour nous. On n’a qu’un drone, et deux opérateurs capables de piloter le drone pour le moment. Si les demandes viennent à augmenter, alors on reverra notre offre”, ajoute Gunkan Gezgin.
Reste à voir si le drone peut s’imposer comme nouvel outil de référence dans les années à venir, pour le décrassage des façades.