LuxembourgCe que cachent les avis de recherche publiés par la police

RTL Infos
On a parfois l'impression qu'il y a plus de personnes qui sont portées disparues. Mais est-ce que c'est vraiment le cas ou bien les disparitions sont juste plus souvent relayées? Et quelles sont les raisons derrière ces disparitions?
© Maxime Gonzales

Lorsqu'un avis de disparition est transmis à la presse, de nombreuses vérifications ont déjà été effectuées par la police et par le Parquet. 
Après qu'une personne a été déclarée disparue, le policier en charge de l'affaire prend contact avec la famille et mène une enquête sur place. Ensuite, l'affaire fait l'objet d'une enquête avec le Parquet.

Henri Eippers, le porte-parole de l'Administration judiciaire, explique: "Ce qui est d'abord vérifié, c'est s'il s'agit d'un mineur ou d'un adulte. En principe, toute disparition d'un mineur est considérée comme disparition inquiétante. Mais ça ne veut pas dire que tout avis de disparition de mineur sera rendu public. Ça dépend de plusieurs circonstances. S'il y a urgence, un message est envoyé à la presse avec une photo, et ça se fait bien sûr en concertation et avec l'accord du Parquet - protection de la jeunesse."

En 2020, ce sont 596 personnes qui ont été portées disparues, l'année d'avant elles étaient 675, la plupart d'entre elles étaient mineures. Puis, en 2021 il y a eu une légère hausse, 724 avis de disparition ont été comptabilisés, dont 490 concernaient des mineurs. Mais selon Henri Eippers, ce nombre ne serait pas un nombre significativement élevé.

"De mon point de vue, les chiffres sont restés relativement stables. Ils ont légèrement augmenté, mais je pense que c'est dû à des raisons démographiques et que les chiffres augmentent donc aussi. Je pense aussi que ces affaires sont médiatisées différemment, avec Internet, les médias sociaux, elles suscitent une attention qu'elles n'obtenaient pas avant."

Les cas non-inquiétants sont par exemple les disparitions dans un contexte de fugue. Beaucoup de jeunes trouvent refuge au "Péitrusshaus". L'institution a été fondée en 2011 et offre aux jeunes entre 12 et 17 ans une aide ambulatoire mais aussi la possibilité d'y dormir.

Pol Thome, assistant social au Péitrusshaus, explique les raisons qui poussent les jeunes à s'enfuir: "Il peut s'agir de problèmes individuels qui concernent le jeune lui-même, il peut s'agir d'histoires familiales qui font que le jeune ne se sent pas bien et traverse une crise. Nous avons effectivement aussi des cas liés à la violence, à de la négligence aussi. Dans certains cas, la recherche identitaire joue aussi un rôle et la crise adolescente en elle-même peut aussi jouer un rôle, tout comme le cadre familial. Il peut y avoir plus de facteurs et plusieurs facteurs peuvent se rejoindre dans une même situation."

Ces jeunes sont donc la plupart du temps de retour à la maison après quelques jours, ou bien sont retrouvés par la police. Néanmoins, il y a quelques exceptions, nous explique Henri Eippers.

"Je me souviens encore de trois cas. Dans 2 de ces cas il s'agit de personnes qui ont disparu à l'étranger et qui jusqu'à présent n'ont pas pu être retrouvées. Puis, il y a eu un bébé ici au Luxembourg, qui après des recherches intenses n'a pas pu être retrouvé."

Pour les urgences, l'initiative Amber Alert a été mise en place en 2016. Pour que cette alerte soit déclenchée, le Parquet doit être d'avis que la vie de l'enfant est en danger imminent. Jusqu'à présent, cette alarme n'a été déclenchée qu'une seule fois. En 2018, un garçon de 7 ans était recherché, mais le père avait rapidement été retrouvé à l'étranger.

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