SondageBouchons: faut-il un "passe-droit" pour les motards?

Romain Van Dyck
Jeudi dernier, la police a verbalisé 106 motards qui se faufilaient entre des voitures sur l'A3. Une opération qui a suscité de nombreux commentaires de nos lecteurs... et du président de la Sécurité Routière.
© Police Grand-Ducale

Grosse opération de police jeudi dernier sur l'autoroute A3, et grosse prise: une centaine de motards pris en flagrant délit de non-respect du code de la route. En clair, la police grand-ducale a sanctionné les motards qui, comme on le voit chaque jour, se faufilent entre les voitures à l'arrêt ou roulant à faible allure.

Une opération policière qui a suscité beaucoup de commentaires de nos lecteurs, sur 5minutes.lu mais aussi sur Facebook! Et sans surprise, la plupart viennent de motards en colère, qui jugent anormal de punir cette pratique. Voici quelques extraits de ces commentaires.

CEUX QUI SONT 100% POUR

Georges estime qu'"À l'arrêt, et dans une circulation à vitesse réduite, il n'y a aucun risque de laisser les motards nous doubler, c'est du bon sens."

David fait un petit cours d'Histoire: "Dans les années 80, lors de l'obtention du permis moto, on nous apprenait à dégager de la circulation pour notre propre sécurité. Respirer les échappements, la chaleur dans les équipements, être coincé entre les carrosseries... au lieu de nous sortir ce genres d'âneries les bureaucrates feraient bien de venir sur le terrain."

Un certain "Hoernli" juge "totalement aberrant et inacceptable qu'une moto doive faire la queue derrière les voitures, sachant qu'il faut respirer les gaz d'échappement et supporter des températures extrêmes en été". Il rappelle aussi que "Une moto n'utilise que 2 m2 sur la voie publique tandis qu'une voiture 5 fois plus."

Un autre internaute invite carrément "300 motards à rouler sur les autoroutes, direction les frontières en heure de pointe, en respectant les distances de sécurité et les vitesses. On verra ce que ça donne..."

CEUX QUI DISENT OUI, MAIS....

Beaucoup d'internautes sont favorables mais sous certaines conditions: Antonella, par exemple, "ne dit pas non" mais seulement quand les voitures sont à l'arrêt. "En roulant je dis carrément NON, c’est totalement imprudent et dangereux!!"

Hugues rappelle pour sa part qu'en Belgique, "les motards sont autorisés à remonter les files à condition de ne pas dépasser les 50 km/h et que la différence de vitesse avec les autres véhicules qu’ils dépassent ne soit pas supérieure à 20 km/h". Mais il précise que "rares sont ceux qui respectent cette nuance des 20km/h différentiels et c’est là qu’arrivent les catastrophes!"

Jeanne, enfin, propose qu'en cas de bouchons, "les motards devraient pouvoir rouler sur la bande d'arrêt d'urgence... avec une limitation de vitesse!"

CEUX QUI DISENT NON!

Les opposants sont plus rares. Souvent, il s'agit d'automobilistes qui ont vécu de mauvaises expériences à cause de motards peu scrupuleux ou inconscients.

Comme Kathy, qui témoigne qu'elle a "failli en renverser un, car il a déboîté sur ma gauche et moi je voulais me rabattre... donc non!"

Patrick ne veut pas de passe-droits : Les motards "n'ont qu'à rester derrière comme les gens normaux".

"PAS D'EXCEPTIONS POUR LES MOTARDS"

© Archives RTL

Et la Sécurité Routière, dans tout ça? Nous avons contacté son président, Paul Hammelmann. Il est catégorique: "Je suis pour le respect intégral du code de la route, pour tout le monde. On ne va pas commencer à faire des passe-droits pour une catégorie: si on interdit de doubler par la droite aux voitures, pourquoi les motards feraient-ils exception?"

Et si le code de la route évolue... comme l'envisage le Luxembourg, justement? Car le gouvernement attend les conclusions d'une expérimentation menée en France dans plusieurs départements, et qui devrait aboutir en 2020. Dans ces départements, les motards ont le droit de remonter les files d'automobiles, sous certaines conditions. Si cette expérimentation s'avère positive, le Luxembourg pourrait donc se prononcer en faveur du passage des motards entre les files de voitures.

Une perspective qui laisse Paul Hammelmann sceptique: "Si le gouvernement dit oui, je n'en ferai pas un scandale, car il y a des sujets plus prioritaires, mais honnêtement ça me surprendrait".

Il rappelle qu'au Luxembourg, "la sinistralité des motards est un réel problème, en 2018 on a compté 9 motards parmi les 36 victimes de la route".

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