
Ces résultats ont été récemment publiés dans l'index du World Justice Project, qui classe le Luxembourg en 8e position sur 140 pays. L'index prend en compte le cadre judiciaire mais également son application.
Malgré une bonne moyenne globale, le Grand-Duché se classe en dessous de la moyenne régionale dans deux catégories: l'impartialité et les délais dans la justice. Mais cet index ne précise pas vraiment la définition de l'impartialité, comme le souligne l'avocat et l'ancien président d'Amnesty International, Frank Wies.
Il relève également une certaine discrépance dans le traitement réservé aux résidents et non-résidents: "les personnes qui ne sont pas résidentes au Grand-Duché risquent de se retrouver beaucoup plus souvent et beaucoup plus longtemps en détention provisoire, car ils pourraient tenter de s'enfuir".
En ce qui concerne les délais, Frank Wies précise qu'une procédure judiciaire peut effectivement prendre du temps, mais cela est aussi dû au respect des droits de la victime ainsi que de l'auteur présumé des faits. Ce délai dépend également des moyens mis à disposition de la justice: "si un pays dispose d'un nombre plus élevé de juges d'instruction, ces derniers peuvent travailler plus efficacement et terminer les instructions plus rapidement. Si un Parquet dispose d'un nombre plus élevé de personnes qui travaillent sur les dossiers, ceux-ci peuvent également être bouclés plus rapidement".
En effet, au Luxembourg, les responsables des deux Parquet ainsi que des tribunaux et des instances judiciaires se plaignent d'un manque de personnel dans le rapport annuel du ministère de la Justice de 2021. Ces statistiques ne sont évidemment pas prises en compte dans l'index sur l'État de Droit mais se basent sur des sondages auxquels ont participé 651 résidents ainsi que sur des questionnaires auxquels un échantillon d'avocats a répondu.