
Alors ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, avait chargé l'Inspection générale de la police d'un audit sur cette réforme. Les résultats de cet audit ont été présentés mercredi à la Commission parlementaire des Affaires intérieures. Première constatation: pourrait mieux faire au niveau du travail de proximité.
Et cela ne surprend pas l'actuel ministre CSV des Affaires intérieures, Léon Gloden. Sa réponse est un renforcement du recrutement. Il faut mettre davantage l’accent sur la prévention.
"Dans cet audit, il est indiqué très clairement: 80% de travail de répression et 20% de travail de prévention et cela ne me suffit pas. C'est aussi le gros point faible de la réforme de 2018, d'où l'unité de police locale."
Concernant cette dernière, un projet pilote sera lancé en juillet à Luxembourg-ville et à Esch-sur-Alzette. Le député vert et échevin d'Esch, Meris Sehovic, salue le fait que cette unité va renforcer la présence policière dans sa commune:
"... de la grande police communale, il reste désormais une unité locale (...). Et je me félicite, tout comme mon parti, chaque fois que nous pouvons envoyer des policiers et des policières sur le terrain."
Meris Sehovic rappelle qu'une unité de police locale ne pourra pas fonctionner comme une entité distincte avec sa propre direction.
Une autre faiblesse détectée par l'audit est le manque de communication entre la police et les élus communaux. Le député-maire socialiste de Dudelange, Dan Biancalana, à ce propos:
" ... que les bourgmestres soient également informés quand des actions de la police sont prévues sur le territoire de leur commune, qu'il y ait aussi un retour sur l'impact qu'a eu l'intervention."
Si l'audit contient des critiques, il souligne aussi des points positifs.Léon Gloden:
"Par exemple, personne ne remet en question la réorganisation territoriale, ni les outils modernes utilisés par la police, tels qu'un réseau radio intégré moderne des forces d’intervention. E le commissariat virtuel a également obtenu une bonne note."
Les infrastructures seront également modernisées, selon le ministre des Affaires intérieures, qui envisage des casernes communes à la police et au CGDIS, afin de réaliser des économies d'échelle. Des premières discussions à ce sujet seront lancées dans le sud du pays la semaine prochaine.