
Le vice-Premier ministre belge, Georges Gilkinet, également ministre de la Mobilité, veut promouvoir le transport de fret mais aussi de passagers par le rail. Dans la répartition modale, le train devrait représenter 15 % des déplacements en Belgique à l'horizon 2040. Aujourd'hui, il ne représente que 8%.
Davantage de trains, y compris le soir ou le week-end. Des trains plus ponctuels. Du matériel de meilleure qualité, des gares plus accessibles, avec des emplacements pour les vélos. Mais aussi des tarifs plus attractifs à moyen terme.
Lundi soir, le ministre belge de la Mobilité a fait beaucoup de promesses lors d'une conférence à Arlon. En 10 ans, nos voisins belges vont en effet investir près de 44 milliards d'euros dans le rail. D'après les réactions des représentants des quelque 50.000 frontaliers belges qui viennent travailler chaque jour au Luxembourg, il est grand temps d'agir.
Des frontaliers qui ne demandent pas seulement plus de trains, mais aussi plus de parkings près des gares respectives situées entre Libramont et Arlon. Le ministre Geoeges Gilkinet veut avant tout plus de trains. Et cela en collaboration directe avec les CFL:
"C'est mon rêve. Mais c'est un peu plus qu'un rêve. De faire descendre des trains luxembourgeois. Parce que là, ils ont les moyens, j'essaye de les rattraper, mais voilà, en fin bon soit, on pourra en reparler. Faire descendre des trains luxembourgeois pour autant qu'ils soient homologués, pour rouler en Belgique, jusque par exemple Libramont. Et venir chercher des navetteurs, des Luxembourgeois de la province qui vont travailler au Grand-Duché."
Les travaux nécessaires pour ce faire sur les lignes à haute tension seraient terminés et les premiers tests auraient déjà pu être menés à bien.
Les représentants des frontaliers belges, mais aussi des syndicalistes, ont salué lundi soir la mobilité luxembourgeoise. Depuis les options "Park and Ride" près des gares jusqu'à la gratuité des transports en commun en passant par le WI-FI, qui doit arriver dans les trains luxembourgeois. Des transports publics gratuits, ce n'est pas possible en Belgique, a réagi le ministre belge, non sans mordant:
"Quand on prend le tram de François (Bausch, ndlr), qui est gratuit, on en rêve évidemment. La structure budgétaire du Grand-Duché est très différente de la nôtre. C'est un petit paradis fiscal, vous le savez. Pour les questions d'accises sur l'alcool, vous connaissez ça beaucoup mieux que moi. Vous êtes des voisins. Pour les banques, le secteur financier... Il y a de très bons écologistes au gouvernement, ils ont les moyens à la fois d'avoir un réseau performant et gratuit. Ce n'est pas le cas en Belgique. Il y a une participation financière des voyageurs qui est bien en de ça du coût de chaque trajet, d'ailleurs."
BRUXELLES-LUXEMBOURG EN UN PEU PLUS DE DEUX HEURES?
En Belgique, rien que la gratuité des trains impliquerait un manque à gagner de 700 millions d'euros au niveau des recettes issues de la vente des billets de train, a expliqué le ministre vert, qui ne verrait pas d'inconvénient à rapprocher Bruxelles de Luxembourg du point de vue de la mobilité.
En 2030, quand tous les chantiers seront enfin terminés, les trains à grande vitesse relieront Luxembourg et Bruxelles en un peu plus de deux heures, assure un Georges Gilkinet optimiste.
Le reportage de RTL en luxembourgeois, avec les interventions du ministre belge en français: